
« Perseverare diabolicum »
Macron cherche à tromper son monde quand il descend dans la rue pour dialoguer avec le bon peuple, pour faire semblant de l’écouter, un peu, et pour ensuite lui assener du haut de sa suffisance une affirmation péremptoire pleine de mépris « souverain ».

Le temps des crises
Macron cherche à tromper son monde quand il descend dans la rue pour dialoguer avec le bon peuple, pour faire semblant de l’écouter, un peu, et pour ensuite lui assener du haut de sa suffisance une affirmation péremptoire pleine de mépris « souverain ». Le tout sous le regard pas complaisant du tout (non, non) de caméras de télé qui se trouvaient là par hasard. Comédie du pouvoir… et surtout incapacité à entendre ce que lui répète un peuple qu’il trompe.
Et, un
Parce que c’est de cela qu’il s’agit. La première « algarade », ce fut peu de temps après sa première élection, en 2018, les gilets jaunes, un mouvement social spontané contre l’augmentation du prix des carburants. Contestation qui va rapidement s’élargir à l’amélioration du niveau de vie des classes populaires et moyennes, à la justice fiscale et sociale, jusqu’à s’en prendre au président lui-même. La réponse, ce fut un renoncement à la TICPE, quelques mesures d’urgence économique et sociale et un grand débat national dont on gardera l’image d’un président en bras de chemise expliquant et réexpliquant que c’était fini… et que l’essence pouvait réaugmenter… ce qu’elle a fait. La stratégie de Macron, faire le gros dos, user et abuser des interventions policières, jouer les bateleurs et raconter ce qui l’arrange pour laisser passer l’orage.
Et, deux
Mal élu, il se lance dans une attaque frontale contre le droit à la retraite, porté de 62 et 65 ans. Il espérait une désunion syndicale, il a le contraire et après l’épisode spontané, place à ce qui est la plus longue lutte sociale et syndicale de ces dernières années où s’exprime sans ambiguïté le rejet par le peuple d’un recul social majeur que rien ne justifie et un réveil syndical inattendu. Le Macron 2022 n’entend pas, il recule un peu, mais veut imposer son projet à une société qui n’en veut pas. Macron est allergique au peuple. Et, le peuple l’a compris.
Et, trois
Ainsi, la mort de Nahel, suivie des émeutes, met le feu aux poudres et relance un vent de révolte d’une jeunesse exclue d’un monde qui n’est pas le sien et dont elle désespère qu’il puisse le devenir. La réponse est bien sûr répressive, elle cherche à opposer deux France et surtout à ne pas chercher à comprendre le divorce profond d’un peuple avec un pouvoir qui lui est étranger. 2023 !
Jean-Marie Philibert