
Per a la cultura i la llengua catalanes. Un manifeste.

Le drapeau sang et or de l’histoire de la Catalogne.
Fédération du PCF des Pyrénées-Orientales. En 1978, le parti communiste se déclare pour une avancée de la démocratie dans son manifeste bilingue « Pour la culture et la langue catalanes ».
En 1978 alors que les partis de gauche, non sans obstacles et divergences, se sont unis dans un programme commun, la Fédération du PCF des Pyrénées-Orientales publie le manifeste bilingue Pour la culture et la langue catalanes. Une avancée de la démocratie. Les débats concernant les langues régionales ne sont pas nouveaux dans le parti communiste et ont souvent abouti à des propositions constructives. Le manifeste des P.-O., très lié à son territoire, aborde en lien étroit économie, culture et langue.
La dégradation d’un département et ses conséquences

Le manifeste est pensé et construit à un moment où s’est développé dans la France du Sud un grand mouvement nommé Volem viure al pais, mouvement occitan mais aussi catalan. Ce mouvement est né de la montée du chômage et de la disparition des moyens de vivre au moment où la concentration indus- trielle délaissait, et pour longtemps, très délibérément nos régions.
L’introduction nous le dit : « Un Roussillon défiguré, contraint au marasme, à l’exode et au chômage ».
Elle développe les effet de la crise globale et durable qui affecte (déjà !) la société capitaliste, les effets conjugués du Marché commun, qui frappent de plein fouet toute l’activité économique du département et notamment l’agriculture, richesse du pays catalan. Mais aussi les industries traditionnelles comme le bâtiment, l’industrie sandalière, la papèterie, la pêche, les conserves de fruits, de légumes et de poissons, l’extraction du minerai de fer, du feldspath…
Des solutions économiques et culturelles intimement liées
Signalant les effets désastreux de cette politique et les luttes qui tentent d’y faire obstacle, le manifeste fait aussi état d’une immense frustration culturelle : place de la culture mutilée, étriquée, conforme aux exigences du grand capital, politique d’austérité et de mutilation particulièrement inapte à assumer les diversités culturelles de la France, à recueillir et porter plus avant les richesses constituées par les cultures qui appartiennent en propre aux populations des différentes régions de France. Et de constater que la langue et la culture catalane souffrent cruellement de cette situation, de noter le gâchis de talents qui en résulte et toutes les insuffisances observées dans l’enseignement, à l’Université et au-delà. Le manifeste est très constructif et développe sur plus de vingt pages son fil directeur : l’issue démocratique, la parole aux habitants du pays catalan. Il faut créer à tous les niveaux des structures réellement démocratiques, donner les moyens à tous les Roussillonnais de gérer eux-mêmes leurs propres affaires (sans la contrainte des préfets dont on souhaite la disparition), en donnant ainsi corps à la revendication de « Viure i treballar al pais », toutes les dimensions du projet étant précisément et longuement détaillées et argumentées.
Les chevilles ouvrières de ce travail qui a fait date sont les regrettés Jean Catala, Jaume Figuerola et Antoine Cayrol.