
PAC : touchez pas au grisbi
Prévue par le traité de Rome, la Politique Agricole Commune (PAC) voit le jour en 1962. Elle vise à relancer la production alimentaire du continent dévasté par la guerre, tout en assurant des revenus satisfaisants aux agriculteurs et des prix convenables aux consommateurs.

Crise agricole
Prévue par le traité de Rome, la Politique Agricole Commune (PAC) voit le jour en 1962. Elle vise à relancer la production alimentaire du continent dévasté par la guerre, tout en assurant des revenus satisfaisants aux agriculteurs et des prix convenables aux consommateurs.
Bien sûr la C.E (Communauté Européenne) incite les exploitants agricoles à produire plus. Elle supprime des droits de douanes des principaux produits agricoles entre les six pays fondateurs. (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Luxembourg, Belgique).
Elle subventionne aussi les exportations, et taxe des importations. Les agriculteurs ont alors des prix garantis. Les produits non vendus par la distribution sont rachetés par le C.E à un prix minimum fixé. La production et les revenus des agriculteurs augmentent et ils modernisent leurs exploitations. Fin des années 60 à 1980.
Le système actuel de la P.A.C n’a plus rien à voir avec celui d’origine
Aujourd’hui, la PAC pèse lourd dans le budget de la C.E, moins de 1 % des PIB cumulés mais 40 % du budget de la Communauté européenne.
À partir de 1980 les réformes se succèdent pour abaisser les coûts des produits agricoles et des quotas de production font leur apparition. Exemple des quotas laitiers qui obligent à produire moins. donc la production. La politique de garantie des prix est terminée.
Dans cette période, les USA critiquent le protectionnisme européen et font pression sur la C.E.
Les aides financières sont versées directement aux agriculteurs, en fonction de leur surface agricole et du nombre de bêtes. Et seulement si l’exploitant respecte certaines pratiques environnementales, telles que définies par le parlement européen.
Les aides au maintien en agriculture bio vont sérieusement baisser, et il y aura 66% de soutien public en moins pour les fermes bio. On redoute d’ailleurs que certains repassent en conventionnel.
La France est le premier pays avec 9,5 milliards d’euros à bénéficier des aides de la P.A.C, mais cet argent ne va pas toujours aux agriculteurs. Certains paysans français ne touchent rien, tandis que des grands groupes, les plus grands propriétaires et les géants de l’agrobusiness empochent des millions d’euros chaque année. La P.A.C est devenue inéquitable puisque 50% des subventions revient aujourd’hui à 20% des bénéficiaires. 80% se partagent les miettes qui restent. Pourquoi la France n’a-t-telle pas plafonné les aides ?
L’Irlande, l’Espagne, et l’Autriche ont décidé un plafonnement où aucune exploitation ne pourra toucher plus de 100 000 euros. En France l’ancien Ministre de l’agriculture Denormandie a fait le choix de ne pas l’appliquer. C’est un choix politique ultra libéral pour protéger toujours les plus gros.
Des pistes pour sortir de la crise agricole
D’abord un constat. Le capitalisme à outrance tue les paysans à petit feu.
La simplification administrative, les déblocages plus rapides d’aides ou le retour en arrière sur les normes environnementales ne sont qu’un leurre. Il faut un prix plancher de vente garantie par l’État, tenant compte des coûts de production et du revenu utile au producteur. Tous les élus au parlement européen ne portent pas les mêmes exigences. Sensibles aux lobbies hyperactifs, les parlementaires de droite et d’extrême droite accompagnent assez souvent les desiderata des grandes firmes, de la chimie ou de l’agroalimentaire. D’autres, au contraire, portent l’intérêt général, celui des paysans, celui de la nature et celui des consommateurs. Ils n’en oublient pas pour autant la nécessaire production pour nourrir la population et assurer une certaine indépendance alimentaire. Léon Deffontaines, avec son parti le PCF, est porteur des ces exigences, de mesures égalitaires et de mesures s’opposant aux traités de libre échange dans leur version d’aujourd’hui.
J. V.