
Nouvelle défaite présidentielle…

Politique
Malgré la réélection de Yaël Braun-Pivet à la tête de l’Assemblée nationale, avec la perte de postes clés comme de la majorité au bureau, l’étau se resserre sur Emmanuel Macron qui n’est pas en mesure gouverner…
Après les élections législatives, la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale représentait un enjeu important. Et tout a été fait pour éviter à Emmanuel Macron de reconnaître sa défaite électorale. Jeudi 18 juillet, l’élection du président de l’Assemblée a donné lieu à un marchandage éhonté entre la Macronie et les députés de la Droite républicaine pour se répartir les postes clés de l’Assemblée. Le premier tour avait vu le candidat du Nouveau Front populaire, le communiste André Chassaigne, arriver en tête avec 200 voix, devant le lepéniste Sébastien Chenu (142 voix), la macroniste Yaël Braun-Pivet (124 voix)… Et ce sera au troisième tour que les députés rééliront Yaël Braun-Pivet avec 13 voix d’avance sur André Chassaigne (220 contre 207) qui a réussi à rassembler au-delà des députés du NFP. Treize petites voix à mettre en rapport avec les 17 ministres qui ont participé à l’élection…
La douche froide sur le bureau…
Mais si Yaël Braun-Pivet a alors vécu son heure de gloire en faisant main basse sur le Perchoir grâce à Wauquiez et consorts, cela sera de courte durée. Dès le lendemain, c’est la douche froide !
Les députés sont revenus vendredi dans l’hémicycle pour trois votes à bulletin secret afin de désigner les membres du bureau du Palais-Bourbon : six vice-présidents, douze secrétaires et trois questeurs. Le tout, dans une ambiance survoltée.
À l’issue du scrutin, deux députés du NFP ont été élues vice-présidentes ; se sont ajoutés deux députés Droite républicaine, un député Ensemble pour la République et une député du groupe Horizons. Dans la nuit du vendredi au samedi, les élus de droite ayant préféré leur lit à la Chambre, le Nouveau Front populaire a obtenu neuf postes de secrétaire sur douze : 2 FI, 2 PS, 2 GDR et 3 Écologistes… Enfin une parlementaire du PS a été élue questeur.
Donc le Nouveau Front populaire, avec 12 postes sur 22, devient majoritaire au sein de la plus haute instance exécutive de l’Assemblée nationale. La présidente de l’Assemblée nationale est aujourd’hui isolée au sein de son propre bureau.
De plus, la Macronie sera privée des deux postes budgétaires les plus importants, celui de président de la commission des Finances qui est revenu à Éric Coquerel et celui de rapporteur général du budget où Charles de Courson (LIOT) ne fera, comme le dit André Chassaigne, « aucun cadeau aux macronistes ».
Le président doit accepter se défaite
Emmanuel Macron peut donc se borner à dire que « personne n’a gagné », il arrive un moment où il lui faut se rendre à l’évidence : c’est surtout lui qui a perdu. Les nominations de ce week-end à l’Assemblée nationale ont démontré l’éclatante faiblesse du camp présidentiel.
Si Emmanuel Macron se complaît dans le pourrissement d’une situation intenable, la seule solution viable demeure de respecter enfin le verdict des urnes. Le jeu du parlementarisme devrait le conduire à appeler la gauche afin qu’elle forme un gouvernement issu de ses rangs.
Reste que ce qui éloigne la gauche de Matignon, c’est surtout son absence de consensus sur la personne à y envoyer. Ne devrait-elle pas s’inspirer de ce qui a été fait pour désigner André Chassaigne comme candidat NFP au Perchoir, cette proposition ayant créé un espoir gigantesque pour tout le peuple de gauche ?
René Granmont