
Nouveau séisme
Après le séisme de février qui a ébranlé le pays, le président turc risque fort une nouvelle secousse, mais cette fois...électorale

Turquie
Après le séisme de février qui a ébranlé le pays, le président turc risque fort une nouvelle secousse, mais cette fois…électorale
Recep Tayyip Erdogan brigue un troisième mandat. Pour ce faire, il a avancé l’organisation de l’élection présidentielle au 14 mai. Dans le pays, l’économie tourne au ralenti, la monnaie a perdu 30% de sa valeur et une inflation galopante (+ de 60%) rend la vie impossible aux millions de Turcs qui désapprouvent la dérive autoritaire du chef d’État. L’Alliance populaire au pouvoir (HDP lié au groupe armé terroriste PKK) et l’Alliance nationale (Le Bon Parti, le Parti républicain du peuple CHP, le Parti de la démocratie et de la progression, le Parti de la félicité, le Parti futur et le Parti démocrate) vont s’affronter dans une campagne électorale qui s’annonce ardue.
La Table des six
Pour barrer la route à Erdogan, l’Alliance nationale dite « la table des Six », regroupe les six formations politiques d’opposition dont le candidat unique Kemal Kiliçdaroglu, est également soutenu par le principal parti pro-kurde, troisième force politique du pays. Elle a l’objectif de mettre fin au régime ultra présidentiel qui donne à Erdogan le pouvoir de légiférer par décret et de contourner le parlement par l’adoption de décrets-lois. Elle a d’ores et déjà annoncé un engagement en faveur de la stabilité économique, pour une amélioration du pouvoir d’achat, pour l’indépendance de la Banque centrale et une politique monétaire plus orthodoxe. Elle promeut un programme de démocratisation qui rétablirait le système parlementaire et qui réaffirmerait l’État de droit en Turquie. Les résultats des prochaines élections seront d’une importance cruciale pour la population mais aussi pour l’avenir des relations entre la Turquie et l’Union européenne. D’autre part, suite à l’accord céréalier signé entre les Nations unies, la Russie et l’Ukraine grâce à la médiation turque, ce pays pourrait être une aide précieuse dans les négociations en vue d’une solution diplomatique à la guerre actuelle. Si aucun candidat ne remporte plus de 50% des voix au premier tour un deuxième tour sera organisé le 28 mai.
R. C.