Mohamed VI se fâche

Mohamed VI se fâche

Mohamed VI
©GovernmentZA. Mohamed VI s’attaque à la presse Française.

Maroc. Le souverain marocain n’aime pas la liberté de la presse.

Le royaume du Maroc a assigné le journal l’Humanité en justice pour diffamation, après avoir été confondu par l’association Forbidden Stories dans le scandale des écoutes par le logiciel espion Pegasus. Après nos confrères du Monde, de Radio France et de Médiapart, c’est au tour de l’Humanité d’entrer dans le viseur des autorités marocaines. Cette manœuvre d’intimidation cible la journaliste Rosa Moussaoui, dont le nom figurait dans la liste des personnes espionnées et qui, à plusieurs reprises dans les colonnes de l’Humanité, a courageusement fait état des pressions, harcèlements et barbouzeries en tout genre exercées au Maroc contre des journalistes, des avocats et des personnalités progressistes diverses défendant les droits humains. Cette agitation procédurière n’est ni un signe de force, ni un témoignage de sérénité. D’autant que les preuves de l’utilisation par le Maroc du logiciel fabriqué et supervisé par la société israélienne NSO sont légion et accablantes. Ils et elles seraient 30 000 à figurer sur les listes des personnes espionnées par le palais : militants politiques et syndicaux, avocats, défenseurs des droits de l’homme, journalistes, élus, jusqu’aux plus hautes autorités de l’État français qui, jusqu’ici, n’a pas eu le courage de manifester sa réprobation face à ces pratiques hostiles et attentatoires à la dignité des citoyens français. 

Se mobiliser partout pour la liberté de la presse

Un appel pour soutenir les journalistes poursuivis par la vindicte de Mohamed VI a été lancé. Cette affaire révèle les difficultés que le pouvoir marocain a avec les droits de l’homme et la liberté de penser et d’informer. Si la main mise sur le pays du nouveau souverain n’est plus aussi brutale ni sanguinaire que ne l’était celle exercée par son père Hassan II, elle n’en n’est pas moins stricte. Les journalistes de l’Humanité ne céderont jamais aux pressions d’un pouvoir qui a la prétention de leur dicter leurs écrits. Aujourd’hui comme hier, la liberté de la presse est un des fondements de la démocratie qu’il s’agit de défendre avec force, ici comme ailleurs.

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