
Mépris

Le Premier ministre a annoncé au détour d’une déclaration que l’école serait facultative les jours précédents les vacances, sans que jamais personne, et encore moins le ministre de l’Éducation nationale qui le rencontre quotidiennement, n’ait pris le temps d’en avertir l’ensemble de la communauté éducative… Quel mépris pour les chefs d’établissements qui se battent contre l’absentéisme scolaire ! Quel mépris pour les enseignants qui, dans des conditions encore plus difficiles du fait de la crise sanitaire, planifient leur travail, construisent leur progression pédagogique ! Quel mépris pour les parents d’élèves mis devant le fait accompli !
Le gouvernement reconnaissait ainsi implicitement que les écoles, les collèges et les lycées sont des lieux de contamination, alors que depuis des semaines ils n’avaient cessé d’assurer que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes de l’Éducation nationale…
Certes, pour pérorer sur les « tenues républicaines », pour saturer ses interventions des mots « école de la République », pour accumuler les promesses creuses, le sinistre ministre de l’Éducation nationale n’est pas en reste.
Mais pour passer aux actes, pour informer et débattre avec les personnels de l’Éducation, pour prendre en compte leurs demandes, pour être à l’écoute de la parole des parents d’élèves et des lycéens – autres que ceux du syndicat qu’il a créé –, visiblement Jean-Michel Blanquer a d’autres chats à fouetter.
Jusqu’à quand enseignants, chefs d’établissements, parents d’élèves, collégiens et lycéens devront-ils subir ce mépris ministériel ?