Même le beau jeu était masqué

Même le beau jeu était masqué

(c) Rugbyrama. Icone Sport.
Ben Volavola meneur de jeu de l’USAP.

Rugby. Aimé-Giral n’a pas vibré pour le retour de l’USAP malgré la victoire face à Rouen (20-14).

Décidément le Covid aura fait (et fait malheureusement encore) des dégâts un peu partout et dans tous les domaines. Physiques, mentaux, financiers bien sûr. La Cathédrale devait retrouver ses fastes après six mois de silence, mais ce ne sont pas les 4 300 fidèles ( jauge tolérée de 5 000) qui ont pu mettre une quelconque ambiance. Il faut dire que, masque sur le nez, il n’est pas aisé de dialoguer avec son voisin, d’encourager son club préféré, de bramer, même si c’est la période, contre les décisions arbitrales. Personne n’est toléré en pesage, vous savez, là où vivent les vieux cerfs, ceux qui ont toujours la gueule ouverte contre leur ennemi héréditaire, l’arbitre. Et si, dans la tribune, vous avez le malheur de quitter le masque pendant dix secondes pour prendre une bouffée d’air, un individu en tenue noire vous rappelle qu’il ne veut pas voir votre moustache car la Covid est toujours présent. Liberté point, Égalité point, Fraternité point. Sont inscrits sur le fronton des mairies. Pas étonnant que de nombreux fanas de l’USAP choisissent de rester chez eux.

Des règles pour favoriser le jeu ?

Les directeurs de jeu ont été invités par leurs instances à plus de fermeté sur les phases de jeu au sol (covid oblige), ce qui devait accélérer le jeu et éviter de retrouver des paquets de joueurs à terre. Plus de volume de jeu devait en découler. Équité entre attaque et défense devait se faire jour. Développement du jeu debout était, dès lors, privilégié par cette règle. En fait beaucoup plus de spectacle était préconisé ! Or un joueur de rugby n’est pas une machine et n’intègre pas instantanément des données nouvelles alors qu’il pratique les anciennes depuis de nombreuses années. De fait les pénalités tombent comme la grêle lors de chaque regroupement, une fois contre l’une des deux équipes, une autre fois contre l’adversaire et ce, à un rythme démentiel qui fait que le jeu, faute d’être spectaculaire, devient… inexistant. Les arbitres savent-ils parfois pourquoi ils ont sifflé ? On assiste ainsi à des matchs au jeu d’une pauvreté indigne du rugby. Le masque sur le nez, le supporter somnole même si le nouvel éclairage, un peu trop flashy, l’empêche de s’endormir. Ambiance ! Ambiance ! Quinze joueurs et un homme en noir (parfois en rose de nos jours) essaient de s’ébattre sur la pelouse, pardon sur le champ de patates auquel commence à ressembler Aimé-Giral. Rendez-vous après les premières pluies pour la plantation des tubercules.

Les défenses favorisées

Lors d’un ruck, laisser la main quelques secondes sur le ballon permet, dès lors, de récupérer une pénalité. Facile, me direz-vous, surtout lorsque votre équipe a décidé de ne pas produire de jeu et de jouer la défensive. Mais alors ? Les équipes en déplacement ont, pour l’instant, le beau rôle ? Exact. Preuve en est donnée lors de cette troisième journée de championnat avec trois victoires à l’extérieur et un match nul. Du jamais vu ! Les Catalans s’en sont donc bien sortis contre Rouen ? Bien sûr, même si les supporters ont cru pendant un laps de temps que le bonus offensif (trois essais de plus que l’adversaire) pouvait tendre les bras à leurs protégés. Même si les Catalans ont encore manqué de repères.
En définitive, victoire plus que poussive, mais victoire tout de même. C’est l’essentiel.

TAGS