Maltraitance des salariés au ministère de la justice

Maltraitance des salariés au ministère de la justice

A droite, Edith Pugnet, conseillère départementale communiste et confrontée à cette menace de déplacement.

Social Perpignan. Huit agents PJJ*, éducateurs spécialisés pour la plupart d’entre eux et fonctionnaires du ministère de la justice, vont être déplacés sans aucune concertation, « dans l’intérêt du service ». Très loin.

« La protection judiciaire de la jeunesse est une direction du ministère de la Justice dont les missions résident dans la réinsertion sociale des jeunes délinquants et le suivi des mineurs en danger » (Site ministère). Les jeunes de 13 à 18 ans, mineurs et délinquants, sont ainsi accompagnés dans leurs parcours, et suivis par un juge ayant décidé d’une peine alternative à l’enfermement carcéral, ou suivant un enfermement. Certains établissements, avec hébergements, abritent ces parcours (E.P.E.I)*. L’UEHC Perpignan est l’un de ces établissements. Et rien n’est facile.

Des incidents depuis plusieurs années, et une inspection…

Le public est difficile, par définition. 16 jeunes donc, suivis par la justice, y sont accompagnés, dont 12 en hébergement collectif et 4 en famille d’accueil. Des tensions naissent. Des rixes et des agressions ponctuent régulièrement la vie de l’établissement. Les éducateurs sont parfois agressés. Depuis 2018, les incidents se sont ainsi multipliés, entraînant, chez les agents, peu soutenus, des absences et des congés maladie. « Nous nous retrouvions souvent en sous effectifs pour pouvoir gérer ces adolescents, et les remplaçants contractuels éprouvent évidemment de grandes difficultés », confie ainsi l’un des salariés. La Direction a diligenté une inspection. Le verdict est tombé en novembre dernier. Les éducateurs sont remis en cause. « On ne ferme pas le foyer, mais on réorganise l’équipe ! Voilà leurs conclusions ! C’est facile comme ça. Rien sur l’organisation du travail, rien sur l’absence de soutien apporté aux salariés, rien sur les responsabilités des directions dans le « management », minimisant les incidents, rien sur les sous effectifs. C’est donc l’équipe et les éducateurs qui dysfonctionnent. Alors, on déplace la moitié des effectifs, parfois très loin (Rodez, Toulouse, Albi, Nîmes, Mende… ), pour les besoins du service. Ce n’est pas acceptable », poursuit l’interlocuteur.

Le syndicat CGT conteste les décisions

Le communiqué du syndicat ne souffre d’aucune ambiguïté, évoquant une « maltraitance institutionnelle ». « Cette mutation ne s’appuie sur aucune faute professionnelle (…). Aucun des agents concernés n’a fait l’objet d’un entretien lui expliquant un quelconque manquement professionnel (…). Les agents n’ont pas eu accès à leur dossier administratif. Tout cela s’apparente à de la maltraitance institutionnelle… ». Évoquant ensuite les conséquences lourdes de ces mutations sur la vie des agents, la CGT demande : « La justification argumentée de ces mutations ; l’annulation pure et simple si aucune faute professionnelle n’est avérée ; la prise en compte par l’administration de la souffrance au travail, autrement que par une réponse coercitive ».


Mardi matin, importante mobilisation devant la Direction départementale de la PJJ. Il y avait là des militants de la CGT, des éducs PJJ du départements, mais aussi le maire de Cabestany, et des élus, pour soutenir Edith Pugnet (adjointe à la mairie) et ses autres collègues de travail. Naturellement, le PCF était présent, et après le discours de Freddy Martin, responsable du PCF 66, Françoise Fiter rappelait la situation d’Edith, elle aussi conseillère départementale communiste et confrontée à cette menace de déplacement.


  • *PJJ. Protection judiciaire de la jeunesse (ministère de la justice)
  • *UEHC Unité Educative Hébergement Collectif
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