Malade de son système politique

Malade de son système politique

©  wikipedia. CCBY.
Beyrouth a été dévastée le 4 août par l’explosion d’un hangar contenant du nitrate d’ammonium, situé sur le port principal de la ville.

Liban. Dans une capitale dévastée par l’explosion du 4 août, la solidarité pallie l’incompétence de dirigeants politiques corrompus.

C’est contre un système politique qui jette les couches populaires dans une misère noire que s’est soulevé le peuple depuis octobre 2019. Et la colère a été décuplée par l’explosion qui a dévasté la capitale libanaise le 4 août dernier. Les Libanais ont alors massivement exprimé leur dégoût envers la classe dirigeante qu’ils estiment responsable et ont exigé son départ immédiat.

Déjà en 2005, après l’assassinat du premier ministre Rafic Hariri, plus d’un million de Libanais étaient descendus dans la rue pour dire leur dégoût d’un système politique corrompu qui a conduit, décennie après décennie, le Liban au désastre. Cette mobilisation populaire avait soulevé un immense espoir. Espoir vite étouffé par une classe politique qui ne songe qu’à perpétuer le partage du pouvoir entre confessions religieuses.

Le système politique, mis au point sous le mandat français, répartit les pouvoirs entre chrétiens maronites, musulmans sunnites et chiites selon une répartition basée sur un recensement de … 1932 ! Les rivalités entre confessions n’ont cessé d’être attisées par les pays voisins, Israël et la Syrie et la complexité de la situation a été aggravée par les vagues de réfugiés palestiniens contraints de fuir par l’état hébreu. C’est donc ce système, où chaque communauté est dominée par quelques grandes familles qui sera responsable de la meurtrière guerre civile qui a déchiré le Liban de 1975 à 1990. Elle prit fin avec un accord qui prévoyait l’abandon du système confessionnel et une nouvelle constitution, accord qui ne fut jamais appliqué, le pouvoir restant entre les mains des clans familiaux.

Dans les décombres, la solidarité

Devant le marasme dans lequel est aujourd’hui plongé le Liban, Emmanuel Macron a organisé une conférence internationale qui s’est engagée à aider la reconstruction du pays. Mais cela n’est pas sans inquiéter les forces syndicales et progressistes du pays qui s’interrogent sur les conditions imposées pour obtenir ces prêts. 

Concrètement, aujourd’hui, la population a mis en place des réseaux de solidarité pour répondre aux urgences sociales et économiques. « Ce que nous faisons ici, c’est l’alternative à la corruption et au confessionnalisme, au racisme, aux partis pourris » déclare un de ces jeunes beyrouthins qui aide tout le monde à se nourrir et à reconstruire. Reste le problème de la réponse politique que pourront apporter à l’attente du peuple libanais tous ceux qui veulent une société non confessionnelle et démocratique.

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