Macron fait la leçon

Macron fait la leçon

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Emmanuel Macron renforce la présence française au Liban et
soutient un régime qui ne sert pas l’interêt du peuple.

Liban. Le chef de l’État français semble nostalgique des accords Sykes-Picot de 1916 qui ont vu, à l’époque, la France et l’Angleterre se partager le Moyen-Orient.

Dans la continuité du style post-colonial de sa première visite, Emmanuel Macron s’est de nouveau rendu au Liban. Alors que le pays s’enfonce dans la faillite, provoquée par une crise profonde et multidimensionnelle, la classe dirigeante s’efforce de survivre voire d’en sortir renforcée. Depuis plusieurs mois, le Liban est confronté à une paralysie économique et financière aggravée par la pandémie de Covid-19. L’effondrement de la livre, la destruction de l’appareil productif et des infrastructures résultent de la corruption, de la gabegie de dirigeants politiques prédateurs et sectaires. L’explosion dévastatrice du port de Beyrouth qui a détruit une partie de la capitale témoigne de cette incurie. Partout la pauvreté extrême s’accroît tandis que les couches moyennes sont laminées. Pour contrecarrer la colère sociale qui ne cesse de s’exprimer, le système en place joue des rivalités confessionnelles, intensifie les dérives autoritaires de l’État et la répression des manifestations.

Une volonté d’imposer sa solution

S’appuyant sur la détresse de la population et son désir de changement profond, Emmanuel Macron qui cherche à retrouver une influence au Moyen-Orient, multiplie les ingérences. Il a appelé de ses vœux la constitution d’un gouvernement d’« unité » nationale afin d’entreprendre les réformes austéritaires exigées par les institutions financières internationales dont le FMI. En dépit de ses proclamations pour bousculer l’appareil politique, Emmanuel Macron tente de consolider un système criminel que le peuple libanais rejette massivement. Des milliers de manifestants ont dénoncé cette collusion entre Paris et la classe dirigeante.

Une même visée à Bagdad

Le voyage à Bagdad relève de la même logique. En provenance de Beyrouth, où il était venu indiquer aux Libanais la voie à suivre pour l’avenir, Emmanuel Macron était à Bagdad pour affirmer son soutien à la « souveraineté » de l’Irak face aux « ingérences étrangères ». Il a également assuré que la France continuerait à « agir aux côtés » de l’Irak dans la lutte contre les djihadistes, laquelle « n’est pas terminée même si nous avons vaincu le califat  » du groupe « État Islamique » (EI) en 2017. Le rejet par la population irakienne de la présence américaine, permet ainsi au chef de l’État français de tenter de remettre en selle la France et l’Europe dans cette partie du monde où les USA sont totalement disqualifiés. De plus en condamnant les ingérences étrangères en Irak, il cible à la fois Téhéran, mais aussi Ankara, dont les troupes occupent le nord de l’Irak, d’où elles lancent des raids meurtriers contre les groupes armés kurdes du PKK, lâchés par l’Occident.

Dans ce jeu de dominos, Macron cherche à renforcer la présence française au Moyen-Orient, en soutenant des régimes qui sont loin d’être exemplaires et qui ne servent pas les intérêts de leurs peuples. De même, il a été étrangement silencieux sur la question palestinienne, alors qu’Israël ne cesse de grignoter les territoires palestiniens et asphyxie la bande de Gaza.

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