Macron enterre la « doctrine Mitterrand »

Macron enterre la « doctrine Mitterrand »

Jusqu’ici, tous les gouvernements italiens s’étaient heurtés à la « doctrine Mitterrand ».


Justice. A la demande de Rome, sept militants d’extrême gauche italiens, réfugiés en France, ont été arrêtés.


Actifs dans les années 1970 et 1980 en Italie dans les Brigades rouges, plusieurs groupes violents d’ultragauche s’étaient réfugiés en France. Marta Cartabia, ministre de la justice italienne, a fait valoir auprès d’Eric Dupond-Moretti la nécessité de les appréhender au plus vite, les mandats d’arrêt européens arrivant à expiration entre 2021 et 2023. Au total Rome demande qu’on lui livre 200 militants. Jusqu’ici, tous les gouvernements italiens s’étaient heurtés à la « doctrine Mitterrand ». « Les réfugiés italiens qui ont pris part à des actions terroristes avant 1981, qui ont rompu les liens avec la machine infernale à laquelle ils ont participé, ont commencé une nouvelle vie, intégré à la société française. J’ai dit au gouvernement italien qu’ils étaient à l’abri de toute sanction d’extradition », avait prévenu François Mitterrand en 1985.

Contrairement aux demandes de la Cour européenne des droits de l’homme, les condamnés par contumace n’ont pas le droit, en Italie, à un nouveau procès. Or les nouvelles règles des années 1992 et 2001 sont plus favorables à la défense. Certaines voix réclament désormais l’amnistie. Ainsi le secrétaire du Parti de la refondation communiste, Maurizio Acerbo dénonce « une vengeance » et rappelle que « la République née de la Résistance fit l’amnistie des fascistes en 1946 ».

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