
Macron déclare la « guerre sanitaire »

Pandémie. Face à la dramatique progression du Covid19, le chef de l’Etat et son gouvernement ont décidé des mesures drastiques.
Après avoir annoncé le 12 mars un premier train de mesures (dont la fermeture de toutes les écoles et universités) pour endiguer la propagation exponentielle du virus, le chef de l’État a annoncé lundi soir de nouvelles mesures drastiques. Dont le confinement de la population pour quinze jours au moins et le report du second tour des élections municipales.
« Nous sommes en guerre sanitaire, l’ennemi est là, il progresse. » Emmanuel Macron a dû se rendre à l’évidence face à l’envolée du nombre de cas de coronavirus et annoncer des « décisions exceptionnelles en temps de paix » pour lutter contre l’épidémie. Mesures dont beaucoup d’épidémiologistes pensent qu’elles sont bien tardives.
Tous les Français ont donc été appelés à rester chez eux et à réduire le plus possible leurs déplacements, qui ne peuvent s’effectuer sans une attestation de déplacement dérogatoire. Ne doivent donc être maintenus que les sorties pour acheter des produits alimentaires, se soigner ou travailler, quand le télétravail n’est pas possible. De même doivent être réduits au maximum leurs contacts avec d’autres personnes. Sur le volet politique, Emmanuel Macron a aussi annoncé « suspendre toutes les réformes en cours », dont « celle des retraites », et vouloir passer une loi pour habiliter le gouvernement à légiférer « par ordonnances » pour tout ce qui concerne la gestion de crise. En outre les frontières externes de l’Union européenne et de l’espace Schengen sont fermées et les vols hors UE sont supprimés pour trente jours.
« De 300 000 à 500 000 morts »
Il est vrai que la vitesse de propagation du virus donne désormais des sueurs froides jusqu’au plus haut sommet de l’État. Les bilans publiés font apparaître une croissance accélérée du nombre de cas de Covid-19 en France, et des décès liés à la maladie. Le nombre de cas double tous les trois jours. Et des centaines de malades sont en réanimation avec un pronostic vital engagé. Des chiffres sous-estimés, assurent les médecins, tous les patients n’étant pas testés.
La situation « se détériore très vite », constate le directeur général de la santé, Jérôme Salomon. Le pire resterait donc à venir.
Les différentes simulations des scientifiques qui conseillent l’Élysée font froid dans le dos. Sans mesures radicales de prévention et d’éloignement social, le Covid-19 pourrait provoquer, dans le pire des scénarios, « jusqu’à 300 000 à 500 000 morts » en France, avec près de la moitié de la population hexagonale infectée.
Face à cette situation, l’armée aura à charge de « déplacer les malades les plus infectés ». La mesure ne répond que partiellement à la demande des soignants. Les soignants redoutent, comme en Italie, une saturation rapide des hôpitaux. D’où l’appel au soutien de l’armée..
Des risques pour les salariés
Ce contexte exceptionnel bouleverse la vie de toutes et tous. En particulier au travail, où c’est la grande inconnue, l’ampleur du nombre de salariés potentiellement confinés constituant un fait nouveau. De plus, dans de grandes entreprises, les représentants syndicaux ont demandé la fermeture de ces concentrations de salariés.
Droit de retrait, indemnisations pour les salariés contraints de rester chez eux, chômage partiel, télétravail… Les mesures existent, au cas par cas, pour favoriser le maintien à domicile. Mais on peut redouter les conséquences de cette situation pour les travailleurs précaires, les intérimaires comme pour les petites entreprises, les artisans…
Si Emmanuel Macron a, à ce titre, multiplié les annonces pour montrer le volontarisme de l’État en matière économique, elles sont en rupture complète avec l’esprit du quinquennat. Ce qui permet de douter de leur totale application, ces annonces fortes réclamant d’être précisées.