L’USAP voyage très bien

L’USAP voyage très bien

© DR. USAP archive. Adieu Yves Ballaneda.

Rugby. Vainqueurs à Mont-de-Marsan (7-30), les Catalans confortent leur place de leader.

À Mont-de-Marsan, les joueurs sang et or ont fait honneur à Yves Ballaneda, décédé quelques jours plus tôt à Villelongue de la Salanque. Yves était le demi de mêlée de l’USAP lors de la finale perdue en 1977 contre l’AS Béziers. Joueur fin et longiligne, il avait marqué la maison Usapiste par sa passe magique et son excellent pied gauche. C’était le temps où les joueurs de l’USAP étaient tous Catalans, venus de Thuir, Prades, Torreilles…
De nos jours les agents recruteurs sillonnent la Terre entière à la recherche de l’oiseau rare.

Kuki ‘Airani en maori, vous connaissez ? Mais enfin ! Ce sont les Îles Cook en bon Français. Je ne suis pas plus avancé moi qui suis Catalan : « Peró en sòn les Illes Cook ? ». Du nom du grand navigateur britannique qui les explora en 1777, ces îles se situent en Océanie dans le Pacifique sud. Wallis et Futuna, Samoa, Tonga vous en avez entendu parler ! Les Îles Cook, sur la carte, sont situées à … quelques centimètres. Un peu moins de 22 000 habitants. Quinze îles réparties sur 236 km2 soit environ 90 habitants au km2. Pour aller le dénicher, il fallait véritablement être perspicace. Shahn Eru ! Il est grand avec ses 1,96 mètres, mais c’est aussi un grand monsieur que l’USAP a su découvrir voici un peu plus de trois ans pour son plus grand bonheur, mais aussi celui de ses supporters. Et c’est lui qui, dans un rush véritablement renversant, a sonné le glas de la valeureuse équipe montoise.

Nous étions à quelques minutes de la mi-temps, et nos hôtes landais menaient toujours depuis la 116e seconde. Les joueurs de l’USAP étaient, semble-t-il, encore restés dans le bus et avaient imaginé que, grâce à leur défense hyper agressive, ils arriveraient à contrer puis à prendre le dessus, techniquement et surtout physiquement, sur leurs adversaires du soir. Ce fut donc notre Cookien, de façon magistrale, qui libéra les sang et or. Tel un cyclone sur le Pacifique sud, il renversa sur l’aile gauche, tour à tour, trois défenseurs sur son passage, avant de s’affaler en terre promise. Un essai d’ailier, me direz-vous ? Tout à fait, tellement son passage fut rapide et non moins puissant. Ses déboulés, le supporter avait déjà pu les apprécier. Cet essai, par contre, tout le monde s’en souviendra… et surtout les défenseurs montois.

Ceux qui étaient restés sur la magnifique victoire de l’USAP à Aix avec de belles envolées furent sûrement déçus. Un match ne ressemble, en général, pas à un autre. Les Catalans sont en mesure de dicter le jeu selon l’adversaire et c’est la qualité d’une grande équipe. L’USAP ne l’est encore pas, car trop de points sont sujets à amélioration, mais le train sang et or est sur la bonne voie. Les avants font étalage de leurs qualités et de leur rugosité qui, à l’heure de jeu, épuisent l’adversaire. La défense est capable de devenir impénétrable, bien coachée par un Gérald Bastide devenu indispensable dans le staff. Le jeu au pied prend de l’envergure avec, en particulier, un Melvyn Jaminet qui surprend de plus en plus à chaque sortie et ce, dans le bon sens du terme. Même si la charnière n’est pas encore capable de faire briller une ligne de trois-quarts prometteuse, force est de constater que l’USAP est une équipe crainte dans le monde de la Pro D2.
Leaders avec quatre points d’avance après la 16e journée, les Catalans se doivent de maintenir ce rythme car si covid-19 venait à interrompre le championnat après la 24e journée, l’équipe en tête serait déclarée championne de France et admise à monter en Top 14.
Fins aviat !

NB : Rubrique éditée avant USAP-Colomiers

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