L’USAP sait se ressaisir

L’USAP sait se ressaisir

Photographie par Baptiste Roman / Hans Lucas.
les supporters catalans ont frissonnés, car perdre chez le dernier de Pro D2 aurait été indigne d’une équipe comme l’USAP.

Rugby à XV. Réduite à 14, l’équipe catalane prouve à Angoulême (17-31) que sa première place n’est pas usurpée.

Qui aurait eu le courage de parier, à quelques secondes de la pause, que l’USAP, alors menée 10 à 3, et réduite à 14, allait renverser la situation et l’emporter aisément chez le dernier du championnat ? Les Catalans ronronnaient encore, comme ils l’avaient fait précédemment face à Carcassonne. Mais qu’est-ce qui les a sortis de cette douce torpeur ?

Le vent de la révolte

Peut-être leur talonneur Charles Géli qui, mécontent du déblayage sans ballon qu’il venait de subir de la part d’un troisième ligne angoumoisin, a cru bon de lui démontrer que, même si on mesure trente centimètres de moins que son adversaire, il est toujours possible de lui caresser le cou. Genre de caresse qui ne plaît pas, en général, aux arbitres. Ah que Paul Goze et Jeff Imbernon seraient malheureux dans le rugby moderne ! Quoi qu’il en soit l’USAP se retrouvait à 14 pour le restant du match.

À faire frissonner de peur les supporters catalans, car perdre chez le dernier de Pro D2 aurait été indigne d’une équipe comme l’USAP.
« Nous avions gagné le toss et décidé de nous adosser au vent en seconde période », rappelle le capitaine sang et or Mathieu Acebes. Vent ou frustration de se retrouver à 14, les Catalans attaquent la seconde période avec un enthousiasme qui ne les avait pas envahis depuis plusieurs semaines. Merci Charles, merci le vent ! Quoi qu’il en soit, ronronnements terminés, les Catalans montrent un tout autre état d’esprit. Excellent jeu au pied de pression, défense hyper agressive et une mêlée retrouvée, même lorsque le coach Patrick Arlettaz fait entrer la bleusaille catalane. Une défense encore imperméable malgré un essai encaissé en fin de première période, mais avec une ligne de trois-quarts en sous effectif, même s’il est vrai que les Charentais, mal inspirés, ont essayé de traverser la défense catalane au cœur plutôt que de la déborder par les ailes. Mais en avaient-ils les moyens ?

Et même si les réglages en touche demandent encore beaucoup de travail, force est de constater qu’un léger mieux semble se dessiner dans ce domaine, l’USAP ayant perdu beaucoup moins de ballons sur ses lancers. Mais pouvait-il en être autrement après la catastrophe carcassonnaise au niveau de la conquête. L’opposition était peut-être autre! Il est dommage qu’un jeune aussi talentueux que Lucas Velarte au poste de numéro 2 soit aussi irrégulier au niveau des lancers. Mais surtout que la coordination lanceur-sauteur soit si difficile à régler à l’USAP sachant que d’autres équipes, bien plus faibles parfois, n’ont aucun problème à ce niveau. Vous avez dit travail ? Travail sans relâche aux entraînements.

Enfin Pierre Reynaud vint

S’il en est un qui travaille de façon assidue aux entraînements et sans être récompensé par les joies du terrain c’est bien le troisième ligne Pierre Reynaud. Imaginez que l’homme d’Enveitg, l’homme au casque indépendantiste, n’avait pas enfilé la casaque rouge et jaune depuis le… 25 mai 2019. Énorme et étrange en même temps ! Même s’il est vrai qu’à l’USAP la concurrence est rude au niveau des postes de troisième ligne.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Damien Chouly, Karl Chateau, Alan Brazo blessés, Geneis Mamea Lemalu fatigué, la place semblait réservée à notre Catalan des Hauts Cantons. L’USAP ayant, d’autre part, besoin d’augmenter son quota JIFF (Joueurs Issus de la Formation Française), il paraissait nécessaire de faire enfin appel à Pierre Reynaud. Qué ès aixó le quota JIFF ? Pour la saison actuelle il faut une moyenne de 16 JIFF par match. Or actuellement l’USAP a un déficit de 4 JIFF sur les 20 matchs joués, ce qui fait une moyenne de 15,8 JIFF donc au-dessous de la barre fixée. Inconvénient : amende financière et 4 points en moins au démarrage de la saison suivante. Il reste 10 matchs à jouer au cours desquels les coaches se doivent de coucher un maximum de JIFF sur les feuilles de match de façon à augmenter cette moyenne mais sans perturber pour autant le rendement de l’équipe. Mal de caps en perspective ! Pierre Reynaud, étant donnée sa prestation plutôt convaincante, pourrait, dès lors, enchaîner d’autres titularisations.Enchaîner les victoires devient encore et toujours le leitmotiv des Catalans.

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