L’USAP devait passer par là

Une défaite anecdotique des Catalans à Bordeaux (43-7). Pas si sûr

TOP14

Une défaite anecdotique des Catalans à Bordeaux (43-7). Pas si sûr

Les JIFF, joueurs issus de la formation française, avaient été créés pour éviter d’avoir trop de joueurs étrangers dans les championnats français Top 14 et Pro D2. Ce quota de 15 JIFF pour l’USAP se doit d’être respecté sous peine d’un retrait de 6 points au lancement de la prochaine saison, sans compter une prime d’environ 200 000 € que ne touchera pas le club. « Faire du JIFF » en reposant les cadres tel était le seul but du déplacement des Catalans en Gironde.

L’USAP a oublié une étape

Avec un début de saison 22-23 catastrophique, l’USAP a couru ensuite après le nombre de points jusqu’à en oublier de maintenir à flots son fameux quota JIFF. Il aurait peut-être été bon de se préoccuper de l’augmenter lors des matchs à Toulouse, La Rochelle et (ou) Montpellier où il semblait difficile pour les Catalans de ramener ne serait-ce qu’un petit point de bonus défensif. N’aurait-il pas été plus efficace comptablement d’introduire un plus grand nombre de JIFF lors de ces matchs ? Et d’aligner une équipe beaucoup plus compétitive en déplacement à Bordeaux, sachant que ce match était peut-être plus abordable pour les Catalans alors que les Bordelo-Béglais étaient handicapés par l’absence de quelques joueurs sélectionnés avec l’équipe de France pour le Tournoi des 6 Nations ? Mauvais calcul peut-être, dû à la perte du match à Aimé-Giral face à Brive (encore ce fameux match !) et des points oubliés en route à Pau ou à Bayonne. Le staff a voulu rattraper ces points sans se soucier du quota JIFF. Erreur ? Peut-être pas, seul l’avenir nous le dira. Le proche avenir est la réception de Bayonne, équipe surprise de cette saison. Or le staff catalan avait sûrement ce match en tête en laissant au repos un maximum de cadres.

Vaincre les Bayonnais ou mourir

Bayonne, club issu de Pro D2 à la fin de la saison dernière, est en train de jouer les trouble-fêtes dans ce très difficile championnat de France. Un recrutement très ciblé et ce dans toutes les lignes, des joueurs d’expérience et qui avaient envie de revenir au Pays Basque, un président qui sait (ou peut) ouvrir son chéquier, c’est la recette de ce qui est qualifié d’exploit dans le monde du Top 14. En effet rares sont les équipes issues de Pro D2 qui arrivent à tenir la dragée haute à tous les clubs du championnat. Leur stade Jean-Dauger est une forteresse imprenable (Ah si l’USAP avait su terminer le job en octobre dernier !) dans une ambiance de feu qui liquéfie les adversaires. Avec tous ces ingrédients réunis, le petit Aviron Bayonnais fait figure d’épouvantail. Cinquième au classement et avec une qualification en vue pour le titre national, il serait fort étonnant que les Basques arrivent en victime expiatoire à Aimé-Giral, où toutes les équipes du championnat se déplacent pour essayer d’engranger des points. Leur maître à jouer Camille Lopez connaît très bien la musique, lui qui avait déclaré en 2013 que « l’USAP était le plus bel endroit pour jouer au rugby et qu’il ferait carrière à Perpignan ». Quelques mois plus tard il quittait le club pour Clermont…

Une journée cruciale

Cette saison ce Top 14 est terrrrible ! Dans le haut du tableau, en dehors de Toulouse qui semble naviguer à sa guise, la bagarre pour les cinq autres places qualificatives fait rage. En bas du classement les quatre équipes concernées par une éventuelle descente en Pro D2, même si elles ont lourdement chuté samedi dernier, se livrent une bataille à distance dantesque. Malheur au (x) vaincu (s) lors de cette vingtième journée ! Castres, Pau, Perpignan et Brive reçoivent quatre équipes qui visent les six premières places. Qui va trébucher dans le bas du tableau ? Qui va pousser un temporaire ouf de soulagement ? Le staff de l’USAP a-t-il fait la bonne impasse à Bordeaux ?

Seule certitude, l’USAP a remis à flots (+1) son quota JIFF.

Fins aviat

Jo Solatges

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