
L’USAP couvre le feu montalbanais

Genesis – Mamea -Lemalu.
Rugby à XV. Vainqueurs (27-6) d’un Montauban très accrocheur, les Catalans empochent un nouveau bonus offensif.
Une émouvante minute de silence en hommage à Samuel Paty, petit prof, sauvagement assassiné, que personne n’oubliera. Une pluie battante inhabituelle au coup d’envoi. Un couvre-feu décrété pour le soir même à minuit. Un dernier match à Aimé-Giral pour deux bons mois (?) à condition que le virus nous laisse un peu de répit. Bref tout était réuni pour qu’une atmosphère lourde plane sur la Cathédrale, lieu si souvent synonyme de joie et de liesse.
Des Montalbanais très fringants
La semaine précédant la rencontre, l’équipe du Tarn-et-Garonne était décimée par la pandémie. Dix-neuf joueurs sur le flanc. À 72 heures du coup d’envoi, l’incertitude régnait encore. Viendront-ils à Perpignan ? Auront-ils suffisamment de joueurs pour former une équipe ? La Ligue Nationale de Rugby ne leur donnant le feu vert qu’à la condition qu’une première ligne remplaçante supplémentaire puisse être alignée. Énorme d’en arriver à de telles extrémités ! Il faut dire que les Montalbanais avaient déjà deux matchs en retard. Un troisième eut été dramatique pour eux et… pour la LNR. En effet, si une équipe venait à accumuler un déficit de matchs trop important, le championnat 2020-2021 risquerait de ne pas se terminer. Dès lors, si la Pro D2 devait s’arrêter avant la journée 24 (75% de matchs joués), serait utilisé le système dit de « péréquation » pour déterminer les six équipes qualifiées pour les phases finales. Mal de cap en perspective !
Les Montalbanais n’ayant pu s’entraîner depuis deux semaines, les supporters verts et noirs voyaient leur équipe « en prendre cinquante ». Quant aux catalans, encore bercés par la belle victoire Usapiste à Nevers, ils étaient à l’inverse hyper optimistes. C’est en fait une équipe visiteuse très structurée et tout aussi ambitieuse qui est venue… patauger à Aimé-Giral.
Un bonus offensif très difficile
Au fil des minutes, l’optimisme des supporters catalans allait déclinant devant le réalisme et l’envie des Montalbanais. Difficile d’imaginer que la covid était venue leur rendre visite. Les conditions météo, en fait, les aidaient bien à niveler les valeurs. « Une purge de rugby » diront certains courageux spectateurs. Des fautes de mains, des glissades, un match sans rythme… Tout pour rendre cette soirée encore plus triste.
Un troisième essai, synonyme de bonus offensif, qui tardait à arriver. À six minutes du trille final, Ben Volavola, lancé comme une bombe, passait par un trou de souris pour inscrire cet essai libérateur. Ouf ! Les Catalans auront du mal à le voir quitter le club en fin de la saison.
Même si tout fut loin d’être parfait dans ce match, force est de constater que l’USAP a su assurer l’essentiel. « On est contents de ne pas avoir encaissé d’essai » se réjouit Mattéo Rodor, ce qui prouve, encore une fois, la sérénité qui entoure cette équipe sang et or. Point positif, les Catalans ont appris à varier le jeu en utilisant le pied, en particulier pour sortir de leur camp. Rodor, Volavola et surtout Jaminet ne s’en privent pas.
Une sérénité à laquelle contribue aussi, au fil des rencontres, le numéro huit Genesis Mamea Lemalu. International samoan, natif de Wellington en Nouvelle-Zélande. « Gino », pour ses coéquipiers, a débuté sa carrière professionnelle en… Italie au club de San Doná en deuxième division avant de rejoindre le club de Wellington. Après un retour en Europe à Mont-de-Marsan, puis à Bourgoin, il arrive à l’USAP en 2016. Excellent élément, il sait, par son physique imposant (1,95 m et 116 kgs) créer des brèches dans la défense adverse en mobilisant plusieurs adversaires. Encore une fois l’un des artisans du succès catalan face aux Montalbanais.
Une défaite lors du premier match à Biarritz, six victoires consécutives et une première place actuellement au classement. Bilan hyper positif pour l’USAP. Super important en vue d’une éventuelle péréquation qualificative.
Fins aviat… si la covid ho vol !