
L’USAP : Aux doux rêveurs

Rugby. Défaite très logique de l’USAP face à Pau (14-29). Tentative d’analyse.
Après avoir remporté ses deux premiers matchs à domicile, les Catalans avaient l’occasion de prendre un ascendant psychologique sur Pau, qualifié par certains d’équipe devant jouer, avec l’USAP, le maintien en Top 14. Que nenni !
Pau, équipe rodée aux joutes du Top 14 depuis six saisons, avait, avant de visiter Aimé-Giral, réussi des matchs très prometteurs. Croire qu’ils allaient jouer le maintien en compagnie de l’USAP était les sous-estimer de façon aveugle. Même réduits à 14 à la demi-heure de jeu, les Palois ont démontré au public catalan que les hommes de la Section pouvaient, en fin de cursus, prétendre à une huitième place et pourquoi pas mieux.
Palois et Catalans, quelle différence ?
Le match avait pourtant bien démarré avec une USAP très entreprenante devant, mais qui, et tout un chacun avait pu le vérifier contre Toulon, est dans l’incapacité de conclure, arrivée dans les cinq mètres de la ligne adverse. Pourquoi ? Fébrilité, diront certains, impatience, diront d’autres. Ouais ! Mais surtout des avants qui ont dépassé la trentaine (35 ans pour certains) pour la majorité d’entre eux. Incapables de transpercer le rideau défensif adverse. Ce qui peut marcher en Pro D2, ne fonctionne plus en Top 14 face à des avants, plus jeunes souvent de sept ou huit ans, en pleine possession de leurs moyens. La faute à qui ? Trop peu de moyens financiers, un bon 5 et un 8 s’avérant nécessaires de toute urgence si l’USAP veut rester en Top 14. Mais tout le monde le désire-t-il ? « That’s the question », comme dirait ma tante de Manchester…
Forcément derrière un pack souverain, les demis arrivent vite, pas ceux des buvettes d’Aimé-Giral, oh non, mais les numéros 9 et 10. Et à ce jeu les demis palois savent s’en donner à cœur joie, mettant d’autant plus en lumière le célèbre « no scrum no win ». Pas de mêlée, pas de victoire et les joueurs de l’USAP l’ont constaté à leurs dépens. Pénalisés en mêlée, ils ont joué trente minutes à 14. Et les trois-quarts ? Réduits à la portion congrue, ils n’ont pas pu exploiter correctement leurs propres ballons. D’autre part, force est de constater que les lignes arrières de l’USAP manquent, à l’heure actuelle, de densité et de mordant, avec des joueurs qui seront sur le banc dès qu’entreront les Argentins. À ce sujet, problème également : devait-on se passer, pour un début de championnat aussi important de joueurs comme Delguy, De la Fuente, Sawailau ou autre William, un pari treiziste ? N’aurait-il pas mieux valu, une fois encore, tabler sur des joueurs présents dès le début ? Des paris, des joueurs absents… rien pour assurer une grande sérénité en cette saison si importante pour le maintien du club en Top 14.
D’autre part Melvyn Jaminet, même s’il réussit à sauver la situation à deux ou trois reprises, manqua de tranchant au cours de ce match, sûrement déstabilisé toute la semaine par des écrits journalistiques infondés parfois.
Quoi qu’il en soit l’USAP a démontré qu’elle était dans l’incapacité d’enchaîner deux matchs importants en l’espace de huit jours sous peine de s’« esboudraguer » après la pause.
Espérons que samedi contre le Racing 92, l’USAP ne sera pas le toro de l’Arena.
Fins una altra !