L’Ethiopie déstabilisée par les attaques du Tigré

L’Ethiopie déstabilisée par les attaques du Tigré

L’armé de libération orome et le Front de libération du peuple du Tigré se sont alliés contre le gouvernement éthiopien.

Corne de l’Afrique. Les efforts diplomatiques s’intensifient pour éviter qu’Addis-Abeba ne soit attaquée par les insurgés du Tigré, qui avancent en direction de la capitale.

En 2020, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, accusant le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) d’avoir attaqué une base de l’armée fédérale, annonçait le lancement d’une opération militaire contre le Tigré, province du nord frontalière avec l’Erythrée. Le chef du gouvernement, fort de son prix Nobel de la paix, pensait sûrement en finir rapidement avec cette rébellion contre le pouvoir central. Mais les combattants pro-TPLF ont repris l’essentiel de la région, forçant les troupes gouvernementales à se retirer. Ils ont ensuite poursuivi leur offensive dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar. Le Premier ministre vient donc de déclarer l’état d’urgence dans tout le pays et ordonné aux habitants d’Addis-Abeba de se préparer à défendre la ville.
L’armée de libération oromo (OLA), groupe rebelle de l’ethnie oromo s’est alliée au TPLF et affirme être rentré dans plusieurs villes plus au sud, le long de l’autoroute qui mène à la capitale.
À terme, le rapprochement de ces deux groupes pourrait conduire à un éclatement de l’Ethiopie. En dernière minute, on apprend que neuf groupes rebelles s’allient contre le gouvernement. Les États-Unis appellent leurs ressortissants à quitter le pays « dès que possible ».

Des exactions proches des crimes de guerre

La situation est marquée par de nombreuses exactions dont « certaines peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité » estiment le haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme et la commission ethiopienne des droits de l’homme dans une enquête rendue publique la semaine passée. Ce rapport évoque notamment des exécutions extrajudiciaires, tortures, enlèvements, violences sexuelles – dont des viols collectifs menés sur des femmes et des hommes – et pillages. Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies a également exprimé sa « profonde inquiétude » face à l’escalade du conflit. Ses membres « appellent à mettre fin aux hostilités et à négocier un cessez-le-feu durable », ont-ils affirmé dans une déclaration commune. Les quinze pays membres ont ainsi « exprimé leur profonde inquiétude au sujet de l’extension et de l’intensification des affrontements militaires dans le nord de l’Ethiopie », ainsi que des « répercussions du conflit sur la situation humanitaire » et « la stabilité du pays et de toute la région ».

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