Les salariés de MCGR sont en lutte

Les salariés de MCGR sont en lutte

entreprise MCGR
© DR. Au petit matin les salariés sont encore déterminés devant l’entreprise.

Rivesaltes. Nichée au fin fond de la Zone Artisanale, l’entreprise est quasiment à l’arrêt depuis mardi 11 mai. Les primes ont été supprimées, sans consultation. 

Il y a quelques années, le gouvernement de la France décidait du projet « Toute la France fibrée avant 2022 ». Il y avait donc un besoin d’expertises et de mains d’œuvre. L’entreprise MCGR a été créée à cet effet, en 2016. Basée à Toulouse, elle compte trois autres agences, Bordeaux, Nîmes et Rivesaltes. L’agence locale emploie 18 salariés, donc 5 sont affectés aux travaux sur le terrain, 8 dans les bureaux d’étude et les autres dans la gestion et l’administration. Issus de différents parcours, ils sont jeunes, ont tous des contrats CDI et ont été formés dans l’entreprise elle-même. Ils touchent en moyenne entre 1400 et 1500€ par mois pour 37,5h de travail par semaine. Ils bénéficiaient, depuis le début, de primes trimestrielles non négligeables (de 20 à 30 % de la rémunération). 

La crise sanitaire n’a pas touché l’activité, et les primes sont supprimées

L’activité n’a jamais cessé depuis mars 2020. Les donneurs d’ordre et les clients paient les prestations sans difficulté, dans les délais. Ce sont les collectivités territoriales et les départements, mais aussi les grands opérateurs privés internet comme Orange, Bouygues… « Le point de départ, c’est en janvier. Dans un courrier au directeur, nous soulevions quelques questions. Le patron est venu et ne s’est pas montré coopératif. Il a balayé nos remarques et revendications. Et puis, il y a eu des retards de paiement des salaires, sans explications. Et enfin, la suppressions des primes, sans aucune concertation », précise l’un d’entre eux. Un autre ajoute bien renseigné : « Le patron s’écarte du droit du travail, dans ce cas. Là, il s’agit d’un “ usage d’entreprise ” et il ne peut être arrêté comme ça. Il faut respecter une procédure. Pour l’instant, légalement, ces primes nous sont dues ». 

L’argument fallacieux de la concurrence

Les fameux appels d’offre ont bon dos. Sans doute, l’effet pervers est bien réel, dumping social et délocalisations au Maroc, par exemple, et la direction l’utilise. Mais, dans ce cas, d’autres questions sont posées. « Un CSE existe bien, comme la loi l’exige. mais pour nous, il est fantôme. Où sont les compte-rendus ? Aucun. Il devrait y avoir deux représentants des salariés en plus. Le patron est à côté du droit » précise un salarié. La direction du travail (la Direccte) a aujourd’hui le dossier en main. Le rendez-vous avait lieu lundi 17. « On va poursuivre le mouvement si nous ne sommes pas entendus ». Les salaires ont été versés avec plus de 10 jours de retard. Mardi, les grévistes ont reconduit la grève. 

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