
Les raisins ne sont plus en colère, ils vont crever !
Les vendanges à peine en cave, les raisins sont déjà en pleine fermentation dans les cuves et les fûts. Petit à petit, les bulles de gaz carbonique remontent à la surface, annonçant le nouveau millésime. Cette année, en plus des bulles de CO2, ce sont bien des bulles de colère, des bulles de résignation, des bulles de territoires oubliés qui éclatent à la surface.

La viticulture en souffrance
Les vendanges à peine en cave, les raisins sont déjà en pleine fermentation dans les cuves et les fûts. Petit à petit, les bulles de gaz carbonique remontent à la surface, annonçant le nouveau millésime. Cette année, en plus des bulles de CO2, ce sont bien des bulles de colère, des bulles de résignation, des bulles de territoires oubliés qui éclatent à la surface.
Les constats ne sont plus à faire. Comme toutes les régions de France, notre département prend de plein fouet le changement climatique (selon le dernier rapport du RAC, L’Humanité du 19/09/2024).
Il faut également tenir compte du paysage viticole actuel de notre département : en 12 ans, la production s’est évaporée de presque 50 %. Ce n’est pas la part des anges, mais bien la part de la remise en cause du modèle économique de la viticulture catalane, la part de la résignation. Lors de la préparation du caveau catalan de la fête de L’Humanité, les militants et les élu·e·s communistes ont bien pris la mesure du choc et de l’impact du changement climatique. Les viticulteurs participants sont unanimes, très inquiets des répercussions climatiques sur leurs productions. Ils subissent aussi le vent mauvais du marché ultra-libéral tirant toujours les prix vers le bas : le peu de raisins produits ne peut même pas entrer en cave, et pour certains, ils n’ont même pas été cueillis. Qui accepterait de travailler ainsi et de laisser pourrir le fruit de son travail ?
Les communistes et leurs élu·e·s n’ont pas attendu la manifestation du 25 novembre pour alerter l’ensemble de la filière sur les autres pistes à explorer. Le temps n’est plus aux grandes discussions mais bel et bien à l’action ; cela fait près de trois ans que la problématique est identifiée sur notre territoire. Il est temps maintenant, par canton, de conjuguer les objectifs de techniques culturales avec de nouvelles voies économiques de mise en marché. Madame Espert, la «dame de l’eau» des Pyrénées-Orientales, doit être plus présente sur le terrain. Cela doit se faire en lien avec l’ensemble de la filière, ses salariés, les institutions politiques du territoire et surtout l’État. Il en va de la survie de notre viticulture.
Patrick Cases