Les Infiltrés

Les Infiltrés

Dans leur livre, «Les Infiltrés», Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre dénoncent l’omniprésence des grands cabinets de conseil américains en lieu et place des missions de l’État.

Dans leur livre, «Les Infiltrés», Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre dénoncent l’omniprésence des grands cabinets de conseil américains en lieu et place des missions de l’État.

L’appel à des consultants privés dans la sphère publique ne date pas d’hier. Initié par Sarkozy, ce phénomène s’est poursuivi sous Hollande et a explosé sous Macron. Mais c’est la pandémie qui l’a révélé au grand jour.  Gabriel Attal en convient  : « les cabinets de conseil sont surtout intervenus sur la campagne de vaccination ». Mais aussi dans l’évaluation des stocks de masques.

L’ouvrage Les Infiltrés publié le 17 février, va beaucoup plus loin. Il dénonce le désengagement progressif de l’État dans de nombreux autres secteurs, outre la Santé, comme  la Défense, le service du renseignement sur le financement du terrorisme, la transformation numérique de tous les ministères  et enfin l’Éducation sur le « métier futur d’enseignant  ».

Une influence politique

« Tous les politiques disent que c’est un appui technique, que c’est de la rigueur budgétaire et absolument pas politique, dit Caroline Michel-Aguirre, c’est tout le contraire ». « Derrière le mot de conseil, il y a une influence politique » ajoute Matthieu Aron. « Décider de faire des économies dans tel ou tel secteur ou de réorganiser une administration, c’est aussi une manière de faire de la politique ». Tous deux mettent l’accent sur l’absence de légitimité démocratique de ces conseils pour déterminer les grandes orientations de l’État. « Les Français ne votent pas pour tel ou tel cabinet de conseil » précisent-ils.

Ce mélange des genres entre État et cabinets de conseil est incarné par Victor Fabius, fils du président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, qui est directeur associé du célèbre cabinet McKinsey.

La « consultomania » dénoncé par Les Infiltrés est devenu un sujet politique. Au point que Jean Castex a signé une circulaire ministérielle le 19 janvier pour limiter le recours aux cabinets de conseil et le Sénat a lancé une commission d’enquête sur le sujet. Il ne faudrait pas qu’ils viennent perturber la campagne présidentielle de Macron…

A.-M. D.

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