Les femmes s’invitent au Vendée Globe

Les femmes s’invitent au Vendée Globe

Une des règles de cette course, c’est de convaincre des investisseurs parce que la préparation de cette aventure coûte une vraie fortune.
Sur la photo Clarisse Cremer, met en avant un de ses sponsors.

Sables d’Olonne. Six femmes embarquent pour une aventure unique, le tour du monde en solitaire et sans assistance à la voile, dans cette course autrefois quasiment réservée aux hommes à quelques exceptions près depuis 1989.

Elles s’appellent, Sam Davies (Initiatives-Cœur), Isabelle Joschke (MACSF), Clarisse Cremer (Banque Populaire), Pip Hare (Medallia), Miranda Merron (Campagne de France) et Alexia Barrier (TSE – 4myplanet). Elles naviguent parmi une flotte de 33 bateaux au départ, bravant tous les obstacles des anciennes habitudes. Elles donnent à cette course un parfum de féminité qui enchante les confinés que nous sommes, cantonnés à se remplir une attestation pour aller chercher le pain.

Les vagues de l’amour

A cela ajoutons toutes ces femmes et hommes de marin qui doivent accepter la règle du risque, parce que la mer n’est pas une agence tous risques, malgré toutes les précautions et la sophistication des équipements, sans compter le professionnalisme des sauveteurs. Le témoignage poignant d’Anne Le Cam, épouse de celui qu’on appelle le « roi » Jean, qui nous fait son clac clac quotidien avec sa caméra entre deux tempêtes en dit long sur la pression de cette course : « Les drames humains sont au coin de la rue… Jean me raconte souvent un planté qu’il a réalisé à 20 nœuds seulement. Il a vu son fauteuil arraché, le cockpit du bateau en vrac et aurait pu se blesser gravement. Que se passera-t-il à 30 ou 40 nœuds ? Le bateau résistera peut-être, mais dans quel état sera le skipper ?… Un tour du monde n’est pas un laboratoire, il y a des épreuves faites pour cela, certainement pas le Vendée Globe », rapporte-elle à la revue Bateaux.

Devoir prouver le double des hommes

Alexia Barrier a embarqué sur son bateau tout un arsenal d’appareils de mesure dont le thermosalinomètre, constitué d’une cellule équipée d’électrodes qui déterminent la conductivité de l’eau de mer, des thermistances mesurant la température de l’eau dans la cellule et près de la coque. Elle récolte des centaines de données scientifiques, en relation avec l’Unesco via la fondation My Planet. Imprégnée d’humanitaire, Alexia aime la planète et défend le genre féminin toujours obligé de prouver deux fois plus que les hommes pour s’imposer dans les grands moments de l’aventure humaine. Elle est petite et menue… et si grande pour arriver à s’imposer et porter sur le bateau des charges deux fois plus lourdes qu’elle.

La dure quête des sponsors

Une des règles de cette course, c’est de convaincre des investisseurs parce que la préparation de cette aventure coûte une vraie fortune, de 350 000 à 10 millions d’euros. Et pour ces six femmes, c’est un défi beaucoup plus difficile à réaliser, notamment dans la confiance à susciter. Mais les sponsors ne sont pas fous. Les retombées économiques sont prometteuses.
Au-delà des vapeurs de la compétition, sachons apprécier cette avancée de la condition féminine là où Neptune ne l’attendait pas.


Yvon Huet

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