
Les éoliennes industrielles divisent encore

Le projet est privé, le choix du site, le fait d’autoriser ou non l’implantation, appartient à l’État et donc au préfet.
Énergies. Une concertation préalable dématérialisée a débuté le 4 novembre sur les communes de Banyuls-dels-Aspres et Brouilla. Le projet d’installation de six grands mâts fait débat.
Le contexte général est bien connu et le consensus bien réel. La nécessité d’agir pour le climat, le principe même de faire progresser dans le mix énergétique la part d’énergies renouvelables est à peu près acquis par une immense majorité de citoyens, même s’il reste à la marge quelques individus contestant le réchauffement climatique et sa gravité concernant l’avenir. Mais le débat, souvent vif, s’invite quasiment à chaque fois qu’apparaît un nouveau projet éolien industriel. Il y a débat pour un projet gigantesque entre Céret et Maureillas-Las Illas, un autre du côté de Feuilla, en Fenouillèdes, et celui-ci, au bas des Aspres, dans la plaine. Les mobilisations sont importantes, celles des contre et celles des pour, les arguments entendables même si parfois, les dérapages et les invectives feutrées polluent momentanément les discussions. Les « contre seraient égoïstes et se moqueraient de l’intérêt général », et les « pour le seraient uniquement pour des intérêts personnels, ou collectifs mercantiles… ».
Des ressources vitales pour les communes et quelques propriétaires
Le projet est privé, le choix du site n’appartient pas aux communes et seul, l’État, et donc le préfet, autorise ou non une telle implantation. La concertation n’est pas un référendum. Les deux maires le disent eux mêmes dans la presse « Je préfère discuter pour six éoliennes plutôt qu’on me les impose dans quelques années ». Ils poursuivent en relativisant l’impact et la pollution visuelle, et précisent l’abandon depuis plus de 25 ans de ces terres en friches : « Aucun cep de vigne ne sera arraché » évoquant les projets attenants de réhabilitation de ces terres. Enfin les retombées financières pour la commune et les propriétaires des terrains utilisés sont évoqués, en toute transparence : 15 000€/an pour les propriétaires et 170 000 €/an pour la commune.
L’impact paysager sera désastreux
Du côté des contre, on met l’accent sur la destruction du site, sur les distances extrêmement courtes entre les mâts et les premières maisons d’habitation (de 500 à 900 m), sur les dégâts touristiques inévitables, sur l’impact indirect contre la réputation même des vins côtes du Roussillon, sur les tonnes de béton en terre, sur les protocoles de démantèlement et les atteintes à la biodiversité. Ils évoquent aussi l’anarchie dans les implantations en l’absence de schéma directeur. Des vignerons, des propriétaires de gîtes sont mobilisés et remontés. L’association Le Vent Tourne, sur son site consultable, précise ces positions qu’elle soutient, argumente et pousse plus loin sa réflexion. À quand un débat sérieux sur l’efficacité énergétique de ces implantations, sur les bénéfices importants promis et garantis à ces « porteurs de projet privés », sur l’anarchie libérale qui règne dans leur promotion ?