
Les candidats et le logement
La question du logement marque un fort clivage entre la gauche et la droite. Passons en revue les positions des candidats à la présidentielle.

La question du logement marque un fort clivage entre la gauche et la droite. Passons en revue les positions des candidats à la présidentielle.
Valérie Pécresse met l’accent sur l’accès à la propriété, en proposant des prêts à taux zéro pour tous les primo-accédants, tandis qu’Éric Zemmour veut supprimer la règle des 25% de logements sociaux par commune. Pour Marine Le Pen, l’ambition est de réserver les logements sociaux aux Français.
Fabien Roussel : 200 000 logements sociaux par an
Fabien Roussel, le candidat communiste, rappelle que « la question du pouvoir d’achat est prioritaire et que, dans celle-ci, le logement pèse de plus en plus ». Il propose l’interdiction des saisies, des expulsions sans relogement et des coupures d’eau et d’énergie. Il demande la revalorisation des aides au logement avec des critères élargis. Pour le candidat communiste, il est nécessaire d’agir sur le niveau des loyers dans toutes les grandes métropoles pour que les loyers « ne représentent pas plus de 20 % des revenus ». Il propose également la construction de 200 000 logements sociaux par an, soit plus du double de ce qui se pratique actuellement, avec une loi SRU renforcée, qui viserait partout 27 % de HLM d’ici à 2031, et, pour les maires refusant de construire, des sanctions renforcées alors que des aides pourraient être réévaluées pour les maires bâtisseurs.
Jean-Luc Mélenchon : baisser les loyers
Le candidat insoumis demande la réquisition des logements vides. Il appelle à garantir le droit fondamental au logement. Il a également présenté des mesures fortes, comme la construction de 200.000 logements par an, ou la mise en place d’une garantie universelle des loyers, sorte de « sécurité sociale du logement ». Il a ajouté : « Je ne veux pas me contenter de contrôler les loyers, je veux les bloquer et même les baisser. »
Anne Hidalgo : le bouclier logement
L’élue parisienne veut « permettre à chacun de bien se loger à un prix abordable ». Elle entend relancer la construction de logements sociaux, en portant la construction à 150.000 logements par an, mais aussi généraliser l’encadrement des loyers dans toutes les zones tendues pour qu’ils pèsent moins sur le budget des familles. Elle souhaite instaurer un « bouclier logement », pour qu’aucun Français ne consacre plus d’un tiers de ses revenus à son logement. Pour ce faire, elle propose une allocation logement complémentaire, versée sous condition de ressources.
Yannick Jadot : un grand plan de rénovation
Pour le candidat vert, « un quinquennat écologiste c’est un quinquennat qui permettra réellement de garantir un droit au logement ». Il propose un plan de construction pour bâtir 700 000 logements sociaux, soit près de 150 000 logements par an. Il veut porter le niveau de la loi SRU de 20 à 25 % et de 25 à 30 %, tout en durcissant les pénalités financières contre les maires ne respectant pas la loi. Il veut financer les aides à la pierre à hauteur de 800 millions d’euros par an, et lancer un plan de rénovation des bâtiments qui atteindra, dès 2024, 10 millions d’euros par an.
Christiane Taubira : encadrement des loyers
Si pour Christiane Taubira, l’encadrement des loyers doit devenir « une règle dans les zones tendues », ses réponses sur les autres aspects de la question du logement sont restées floues et ont laissé ses interlocuteurs sur leur faim…
René Granmont