Les Algériens boudent les urnes

Les Algériens boudent les urnes

© DR-algeriepatriotique.
Le refus de voter est un désaveu pour le pouvoir algérien.

Référendum sur la Constitution. Avec une faible participation les Algériens ont désavoué le pouvoir qui tentait une diversion.

Seulement 23,72 % de votants : l’opposition considère cette élection comme un cinglant désaveu à l’encontre des autorités. Dans sa grande clémence, le pouvoir n’a pas autorisé les opposants à tenir des meetings publics. Les partisans du « Hirak », mouvement anti-régime pacifique, ont prôné le boycott tandis que les islamistes appelaient à voter « non ».
Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, avait pourtant prédit que le peuple algérien « sera, une fois encore, au rendez-vous avec l’histoire pour opérer le changement escompté, dimanche 1er novembre, en vue d’instituer une nouvelle ère à même de réaliser les aspirations de notre peuple à un État fort, moderne et démocratique ». La date du référendum n’avait d’ailleurs pas été choisie par hasard : le 1er novembre marque l’anniversaire du début de la Guerre d’indépendance contre la puissance coloniale française (1954-1962).

Les faux-semblants du président

Abdelmadjid Tebboune a fait de la révision de la Constitution, la énième depuis l’accession à l’indépendance en 1962, son projet phare et a tendu au début la main aux manifestants. Ces derniers ont rejeté cette initiative perçue comme un « changement de façade ». Ils réclament depuis février 2019 un profond changement du « système » en place depuis l’indépendance. En vain, même si le mouvement a poussé Abdelaziz Bouteflika à la démission en avril 2019 après vingt ans de règne. La nouvelle Constitution met en avant une série de droits et de libertés mais n’offre pas de changement politique majeur : elle maintient l’essentiel d’un régime « ultra-présidentialiste » et élargit même les prérogatives de l’armée.
Le scrutin s’est déroulé dans un climat de répression « implacable » ciblant militants du « Hirak », opposants politiques, journalistes et internautes, selon les défenseurs des droits humains.

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