L’errance sans solution des gens du voyage en Roussillon

L’errance sans solution des gens du voyage en Roussillon

(c) image extraite de la vidéo de P.G.
Expulsion des gens du voyage en présence du préfet.

Accueil. Le rejet brutal et le refus de discuter des solutions possibles contraignent les gens du voyage à une errance sans limites.

Nous y sommes. Comme chaque année à la même période, « ils arrivent ! ». Des dizaines de caravanes et de véhicules divers veulent s’installer pour un séjour provisoire et se voient refuser un espace plat avec un minimum sanitaire, de l’eau potable et de l’électricité.

Ils ont coupé l’eau et l’électricité !
Ce lundi 27 JUILLET à 16 h le préfet de Perpignan vient ordonner aux gens du voyage de quitter les lieux après que la mairie d’extrême droite de Perpignan ait porté plainte pour occupation illégale du parking du parc des expositions.

Philippe Galano via faceboook

Et le rejet est brutal. « Le groupe en question s’est donc retrouvé à Perpignan, venant de Cabestany. Expulsé parce qu’en situation irrégulière, (…), le parking du parc des expositions était un lieu de transition qui aurait pu servir, le temps que la communauté urbaine et la préfecture puissent trouver une solution viable pour ce groupe, mais les autorités en ont décidé autrement… La ville de Perpignan a déposé plainte pour vol d’eau et d’électricité et la préfecture a fait exécuter le jugement condamnant les gens du voyage à quitter les lieux sans délai. Les services de la ville ont coupé l’eau et l’électricité, en pleine canicule, alors que se trouvaient là plus d’une centaine d’enfants » analyse Philippe Galano, membre fédéral du PCF. Rebelote à Canohès, et même réaction de la mairie. Coupures et expulsions. Un emplacement enfin proposé du côté du Barcarès s’avére totalement insalubre, car tout près de la station d’épuration

Bienvenue sur l’aire des gens du voyage du Barcarès !
Sans eau ni électricité, une aire déclassée parce qu’insalubre, mais pas pour le préfet de Perpignan apparemment.

Pilippe Galano via facebook.

Selon la loi, il manque 300 places dans le département

L’accueil des gens du voyage est encadré par la loi du 5 juillet 2010. Cette loi, dite loi Besson, oblige les communes de plus 5 000 habitants (aujourd’hui, les communautés des communes) à mettre à la disposition des gens du voyage une ou plusieurs aires permanentes d’accueil, aménagées et entretenues. Elle oblige aussi les communes à disposer d’emplacements plus importants, « susceptibles d’être occupés temporairement à l’occasion de rassemblements traditionnels ou occasionnels ». Après le vote de la loi, il s’en est suivi des décisions locales, des schémas départementaux. Le nôtre, validé par le préfet, prévoyait 600 places et devait être terminé en 2020. Or, il manque à ce jour 300 places, – la ville de Perpignan ayant toujours refusé de se conformer à la loi -, une quinzaine de d’aires d’accueil et une aire pour les grands passages. « La préfecture et le département se sont aujourd’hui engagés à reprendre les discussions pour l’élaboration d’un nouveau schéma. Il nous faudra être attentifs à la qualité des lieux » précise Philippe Galano évoquant la propension des collectivités à trouver des emplacements proches des déchetteries ou les terrains entre autoroutes et voies ferrées. « Se débarrasser d’une obligation légale en stigmatisant une population n’est plus acceptable ! » ajoute-t-il.

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