L’échec de Barkhane

Sahel. En mettant fin à l’opération Barkhane, la France reconnait implicitement l’échec de sa politique au Sahel.

Emmanuel Macron a finalement accéléré le calendrier. Initialement attendu pour la fin 2021, le retrait partiel de la force Barkhane déployée dans le Sahel, et notamment au Mali, va finalement débuter plus tôt que prévu. Déclenchée le 1er août 2014, Barkhane n’était que la continuation de l’opération Serval, décidée par François Hollande pour sauver le régime de transition au Mali, autant menacé par la poussée des djihadistes occupant les grandes villes du nord (Tombouctou, Gao, Kidal) que par un coup d’État militaire. La guerre s’est progressivement transformée en occupation, tout juste capable d’empêcher la chute de pays traditionnellement ancrés dans la sphère d’influence de Paris (Tchad, Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie), sans pour autant faire reculer de manière significative le péril « terroriste ». Pire, l’instabilité régionale n’a cessé de croître, rendant de plus en plus impopulaire la présence de Barkhane, en particulier au Mali.

Un rejet populaire

Faute d’avoir su, ou voulu répondre aux attentes des populations locales en matière de satisfactions des besoins vitaux, en particulier d’accès à l’eau, les troupes françaises ne sont plus perçues aujourd’hui que comme des troupes d’occupation de plus en plus mal tolérées. Leur présence n’a pas empêché les révolutions de palais qui sont, malheureusement, monnaie courante dans cette région du monde. A l’instabilité chronique des régimes politiques de la région, s’ajoutent pour les populations locales les exactions des terroristes islamistes. Leur existence, déjà difficile, est devenue un enfer.

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