Le Tournoi des VI NationsXV féminin

Le Tournoi des VI NationsXV féminin

Après avoir remporté leurs quatre premiers matchs, les Françaises chutent en finale face à leurs homologues anglaises (33-38)

Rugby

Après avoir remporté leurs quatre premiers matchs, les Françaises chutent en finale face à leurs homologues anglaises (33-38)

En 1920 la championne de tennis Suzanne Lenglen s’exprimait ainsi : « Le rugby pratiqué par la femme n’a rien d’esthétique, et je suis opposée à cette mode nouvelle ». Aïe ! Frantz Reichel, champion sportif français polyvalent, en rajoutait une couche : « Je suis tout à fait contre ! Les femmes n’ont rien à faire du rugby. Elles ne peuvent pas y jouer. D’abord c’est dangereux pour elles, très dangereux même, et, de plus, sans élégance. Elles ont assez de sports comme ça, qu’elles s’en contentent ! ». Aïe ! Aïe ! C’est ce que mon vieil oncle traduisait en Catalan dans les années 50 en disant : « Les dones a rentar els plats ! ». Aïe ! Aïe ! Aïe !

Ce qui aurait pu être une fin

En 1923 la Fédération Française de Rugby (FFR) n’avait même rien trouvé de mieux que d’interdire aux filles d’utiliser les terrains des hommes. Obligées de jouer au petit matin leur rugby qui s’appelait à l’époque la Barette au sortir de la Première Guerre mondiale avec des règles très particulières. Tout comme le football féminin de l’époque, la Barette était loin d’être médiatisée mais surtout bien décriée. Des raisons morales voire médicales étaient avancées pour que ce sport féminin disparaisse. Et c’est ce qui se produisit lorsque le rugby féminin fut radié, en compagnie de son homologue le football, de la Fédération des Sociétés Féminines Sportives de France (FSFSF) en 1933.

Une renaissance liée à la faim

Plus de trente années de sommeil ! 1966 et une opération caritative, dans l’Est de la France, pour lutter contre la faim. Un match entre deux équipes de lycéennes dont celle des Violettes Bressanes  qui peut être considérée à juste titre comme la première équipe de rugby féminin. Un millier de spectateurs « avides de curiosité » assistaient à ce match. Un second club vit rapidement le jour à Tournus, puis fut créée l’Association Française de Rugby Féminin (ASFR) avec l’arrivée de Villemur-sur-Tarn et Toulouse Fémina. L’équipe de France disputera en juin 1982 son premier match international en Hollande (victoire 4-0), puis l’Italie en 1985 et les Britanniques en 1986.

Les Françaises ont participé depuis à toutes les éditions de la Coupe du monde souvent remportée par la Nouvelle-Zélande, talonnée par l’Angleterre qui, elle, fait une moisson au niveau du Tournoi des VI Nations.

Cinquante trois mille spectateurs à Twickenham

Fort heureusement les mentalités ont bien évolué depuis plus d’un demi siècle. Et le rugby féminin aussi qui se rapproche de plus en plus du jeu que pratiquent leurs homologues masculins. Devenu très spectaculaire il attire les foules, particulièrement en Angleterre. Dans la Premiership anglaise évoluent les meilleures joueuses du monde et l’équipe des Quins compte vingt-sept internationales sur un effectif de cinquante joueuses. Difficile dans ces conditions de rivaliser avec cette équipe anglaise. Mais les petites Françaises, depuis quelques années, font mieux que se défendre. En atteste ce résultat obtenu lors de ce match, sorte de finale du Tournoi des VI Nations 2023. Menées (0-33) à la pause elles ont réussi la prouesse de revenir au score et se sont inclinées devant des Red Roses beaucoup plus pragmatiques.

Les vice-championnes du monde anglaises ont brillamment remporté ce Tournoi, mais des espoirs demeurent chez cette équipe de France qui s’améliore à chaque sortie.

Fins aviat

Jo Solatges

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