
Le rapport RTE fait l’évènement

Énergies. À la demande du gouvernement, RTE (Réseau de Transport d’Électricité) a produit son rapport. Un bon support pour stimuler les débats, les réactions et les réflexions sur « Le Mix énergétique du futur ».
Assez éloigné des kystes idéologiques installés et des certitudes « quasi religieuses » en matière de mix énergétique et d’avenir, le rapport donne à lire six scénarios différents d’ici à 2050. Les médias, les associations, les partis politiques s’en sont emparés et les commentaires sont nombreux. Les questions posées au monde en général et à la nation française commencent à être connues massivement. Le réchauffement climatique est admis et une nécessaire ré-orientation des sociétés et des productions et des consommations d’énergie s’impose.
Dans les six scénarios, disparition des énergies fossiles d’ici 2050
La question de l’évolution de la consommation énergétique générale est donc posée. Dans tous les cas, l’objectif est de réduire cette consommation et de passer de 1600 TW (térawatts) en 2020 à 930 TW en 2050, soit une diminution de 40 %, toutes sources d’énergie confondues (fossiles, électricité renouvelable, et énergie électrique nucléaire). Comme précisé dans le texte, cette hypothèse de diminution n’impliquerait aucun changement important dans nos modes de vie, mais supposerait un changement important dans le domaine de l’efficacité énergétique et des technologies. Cette diminution semblerait accessible et l’idée est pour l’instant partagée par nombre de scientifiques. De toutes façons, les besoins en électricité seront en hausse. Ainsi, dans le même temps, la disparition des énergies fossiles entraînerait une augmentation de la part de l’énergie électrique dans le mix (renouvelable et nucléaire), passant de 25 % à 55 %, mais aussi une augmentation notable de la production passant de 430 TWh aujourd’hui à 645 TWh en 2050.
Avec ou sans le nucléaire ?
Il faudra donc produire plus d’électricité. Comment ? Les six scénarios diffèrent. Trois évoquent une production 100 % renouvelable, non nucléaire (M0, M1 et M23). Les trois autres (N1, N2 et N03) incluant le nucléaire à différents niveaux (de 26 % à 50%)dans le mix de production. Dans tous les cas, il y aurait forcément augmentation notable de la production solaire et éolienne, confrontée à de vrais défis technologiques, logistiques et aux incertitudes. La gestion de l’intermittence et les surfaces utiles poseront problème. Le scénario M0 nécessiterait, par exemple, l’érection de 35 000 nouveaux mats éoliens et une surface utile au sol pour le solaire d’ à peu près 200 000 ha (2000 km²), pas forcément au sol. De plus, de grands progrès dans le stockage et dans le domaine de nouvelles sources, dont l’hydrogène seront nécessaires.
Le débat est maintenant ouvert qui ne manquera pas d’apparaître dans la campagne politique d’aujourd’hui, celle des présidentielle et des législatives à venir. Le mérite des documents produits est là. Chacun peut s’en emparer.
Réseau de Transport d’Électricité
2000. Fin du monopole d’EDF et création d’un gestionnaire indépendant pour le transport.
2005 Naissance de RTE, société anonyme, filiale à 100 % d’EDF.
2016 RTE pase aux mains de CTE (Coentreprise de transport d’électricité) détenue par EDF à 50,1 %, par la caisse des dépôts (29,9%) et CNP assurances (20%). Contesté par la CGT et le PCF qui y voient là les prémices de découpages à venir et de privatisations par lots.