
Le Puig Pedros

La balade du randonneur. Le P.O.T.(*) Rando’Club vous invite dimanche 12 septembre à faire une balade.
Durée : 4h. Dénivelé : 420 m. Difficulté : moyen. Conditions : licence 35 euros ou assurance journalière 3 euros. Repas : grillade, apporter apéro, vin, eau, viande… Départ : 8h45 au parking de la piscine du Moulin à Vent à Perpignan. Un 2ème rendez-vous aura lieu au départ de la randonnée. Une sentinelle se trouvera au bord de la route allant vers Montalba à 1,5 km avant le village, il y a un espace large pour garer les voitures.
Un peu d’histoire…

Construit sur un piton rocheux, le château de Montalba domine un territoire constitué de collines et de plateaux parsemés de très nombreux chaos de roches. La présence de monuments mégalithiques (dolmens) témoigne de l’occupation humaine, en ces lieux, à une date reculée.
La forme ancienne écrite de Montalba était Monte Albano : Monte (du latin Mons Montis =mont) et Albano (lat Albanus= blanc).Le Mont a été le premier des oronymes latins (Pyrénéaus Mons au 1er siècle avant J-C) et le plus employé avant le Xe siècle.
Voulant assurer la sécurité, les seigneurs de l’époque carolingienne installent leurs habitations sur des sites défensifs naturels, qu’ils renforcent d’ouvrages en pierres ou en bois. Ainsi cet oronyme désignera à la fois un escarpement naturel et une fortification.
Montalba-le-Château

Le nom du village est cité pour la première fois en l’an 955. Il se nomme alors Monte Albano, puis Monte Albani en 1118. Il est situé sur la frontière méridionale du Fenouillèdes et était une forteresse des vicomtes de Fenollet, dépendant eux-mêmes des comtes de Besalu (988-1111) puis de Barcelone (1111-1242), dont le suzerain était le roi de France. Le 20 mars de l’an 1000, un vicomte de Fenollet assiste au pacte d’union signé entre l’Abbaye de St-Paul de Fenollet et celle de St-Michel de Cuxa.
Une branche issue des Fenollet ayant fait souche à Perapertusa va ensuite fournir une longue lignée de châtelains ou seigneurs de Montalba : de 1020 à 1479, on trouve successivement les Béranger de Perepertusa, Séguier de Perapertusa, Romeu de Perapertusa, Antoine puis Margarita de Perapertusa.

Lors du traité de Corbeil en 1258, le Fenouillèdes est intégré au royaume de France définitivement et devient sa frontière méridionale face au royaume d’Aragon et ce jusqu’en 1659, date à laquelle le Roussillon sera annexé par le royaume de France. Montalba devient un village-frontière, comme La Tour de France, Cassagnes et Belesta.
Malgré cet important changement, la seigneurie de Montalba reste entre les mains des Perapertusa jusqu’en 1479, année où apparaît une famille dite De Gleu, un nom qui deviendra De Gléon.
Au sujet de cette famille l’historien Jean Tosti nous dit qu’il peut y avoir confusion entre notre Montalba et un autre. Il explique en effet que, le 7 octobre 1725, Jean Chamayou, originaire de St-Pons, achète la seigneurie de Montalba à un nommé Pierre Rouger, habitant à Paris. L’acte est signé chez Me Maurel, notaire à St-Pons.

Or, avant 1725, si Pierre Rouger est seigneur de Montalba,-on ne sait depuis quand- De Gléon ne peut l’être, d’où l’idée de confusion entre deux Montalba. Ce qui est sûr, par contre, c’est que les Chamayou seront bien les derniers châtelains de Montalba.
Ils traverseront sans encombre la période révolutionnaire mais l’ex- seigneur ne figurera dans les documents qu’en qualité d’avocat et d’agriculteur. En 1811, le 5 décembre, l’unique descendant des Chamayou-Montalba, prêtre, vend le château et son domaine à la famille Jean Sire-Pubill. Cette famille est encore déclarée propriétaire du château en 1927 et 1937 mais il ne va pas tarder à être abandonné. En 1967, le nouveau propriétaire, M. Colson Jean, a déjà entrepris des travaux de remise en état d’un lieu ruiné à la fois par le temps et aussi par des inévitables chercheurs de trésors. En 2020, la famille habite toujours le château de Montalba.
Un Moyen Age tourmenté

L’une des particularités du village est l’éloignement de son église paroissiale. On peut penser que les tous premiers habitants du lieu s’étaient fixés autour de l’église avant de rejoindre plus tard les abords du château et bénéficier de sa protection.
La première mention de l’église, dédiée à la Vierge, date de 1261. Elle est de style romano-gothique et on a retrouvé à ses abords des traces d’habitat préhistorique. Par contre, le dolmen dit le Pontet, n’est qu’une curiosité naturelle.

Tout au long du Moyen Age et ses incessants conflits franco-espagnols, la région fut maintes fois saccagée. D’abord la croisade des Albigeois et le catharisme, de 1226 à 1229. Le vicomte de Fenollet, allié aux hérétiques, y perdra son comté au bénéfice de Nunyo Sanche, comte de Roussillon.
Vingt années avant le traité de Corbeil de 1258 qui annexait le Fenouillèdes à la France, le territoire était à nouveau ruiné, en 1238 et 1239. En 1364, une bande brigands appelés « les Routiers » s’empara de Montalba et Tarérach qui devinrent une base de départ pour leurs incursions et pillages en vallée de la Têt. D’autres conflits, en 1390 et 1598 opposeront troupes françaises et catalanes. Les habitants, comme toujours, souffriront de rapines, exactions et réquisitions. Et comme si les guerres ne suffisaient pas, les épidémies, les disettes, les hivers rigoureux et les mauvaises récoltes ravagèrent les populations. La peste en 1347, 1632, 1661.
En 1780, on compte à Montalba 46 décès dont 24 enfants. En 1790, ce sont 30 décès enregistrés dont 23 enfants, victimes pour la plupart de la diphtérie.

Avec le traité des Pyrénées de 1659, la situation se clarifie mais en 1793, les espagnols envahissent à nouveau le Roussillon et le général français Flers installe ses troupes sur les hauteurs de Montalba. Un camp y sera dressé et un hôpital installé. Une route sera même aménagée d’Estagel à Montalba pour le passage des canons.
Le premier recensement fiable de la population date de 1834 et le village compte 455 habitants. Ils ne seront que 317 en 1891, 260 en 1927, 111 en 1990. Aujourd’hui, l’hémorragie a cessé puisqu’on dénombre 160 habitants.
A Montalba, devenu Montalba-le-Château en 1933, l’authenticité d’une vie rurale exemplaire s’inscrit dans une perspective de développement durable. Alfred Sauvy, le plus grand démographe de notre temps et visionnaire du long terme, ne s’était pas trompé en choisissant de vivre ici et d’y être enterré.
Pour se renseigner, tél à : Jean-François 04 68 56 81 03 ou 06 20 40 63 05
(*) Le Perpignan Omnisports des Travailleurs-es, association affiliée à la F.S.G.T.
Jean-François Menny