
Le projet de méga-téléphérique de Vallter largement contesté

La province de Gérone et la Generalitat ont validé et soutenu un aménagement que de nombreuses personnes considèrent comme écocide. Le débat est lancé, difficile.
Le réchauffement climatique réduit, partout en Europe, les plages d’ouverture des stations de ski. Sans aucun doute, scientifique, le phénomène va se poursuivre. L’activité alpine et nordique s’en trouve donc raccourcie, les apports économiques sont moindres et posent, pour les communes de montagne, la question de l’avenir à construire. La vallée du Ter, de Camprodon à Setcases, jusqu’à la station de ski de l’Ull de Ter n’y échappe pas. Le tourisme hivernal de la montagne, à Vallter comme ailleurs, est appelé à se réduire.
Un téléphérique à 2 500 m !
Ce qui est frappant, à peu près dans tous les cas de recherches de nouvelles activités pérennes, c’est la propension à inventer, pour pallier difficultés, de nouveaux équipements à vocation touristique, encore et toujours. La crise, qui n’est pas que climatique, aiguise ainsi les appétits. Dans ce cas précis, imaginer un transport aérien de 16 000 personnes par jour sur les crêtes à 2500 m d’altitude toute l’année interroge. Pourquoi pas, au fond, y ériger aussi un complexe restauration et buvette, où les randonneurs pédestres du HRP (haute randonnée Pyrénées) pourraient s’y sustenter ?
L’endroit se situe à la frontière. Très minéral à partir de 1900 m, lui-même installé dans un parc naturel, il jouxte les zones protégées des Pyrénées-Orientales, « Canigou Grand Site », la réserve naturelle de Mantet et le Parc naturel régional où, par définition, on s’efforce de protéger les paysages, les activités et les écosystèmes. On y surveille les populations animales, l’évolution des espèces végétales face au réchauffement. L’accès pédestre s’opère par la Porteille de Mantet ou par le HRP. L’imagination des lecteurs est ainsi sollicitée.
Quatre cents manifestants à Camprodon
Samedi dernier, au cœur du village, dans un écrin sublime, les militants contre le projet se sont rassemblés. Des Catalans du sud, bien sûr, avec leurs associations écologistes, mais aussi, et ce n’est pas une surprise, entre 60 et 80 venus du « nord », pour témoigner de leur soutien et de leurs inquiétudes. Alternatiba 66, la LPO66 (ligue de protection des oiseaux) tenant un stand, Viure (collectif de plusieurs associations), le très connu et éternel Antoine Glory représentant le « Groupe pyrénéen excursionniste », l’association Charles Flahault… Les maires de Casteil et Mantet étaient présents. Les orateurs ont pris la parole. Un repas était ensuite partagé sur place. Par ailleurs, venant de notre département, des communiqués contestaient, avec force arguments, le projet. La LPO, la LDH… Michel Garcia, président du PNR, Hermeline Malherbe présidente de Canigou Grand Site et la FRNC (fédération des réserves naturelles catalanes), le 15 mai déjà, écrivaient au préfet : « nous souhaitons attirer votre attention sur le projet Vallter 365 … et sur les conséquences qu’il pourrait avoir sur les espaces protégés de P.-O., notamment ceux entourant le massif du Canigou et les zones sensibles des réserves naturelles ». À suivre.
Michel Marc