
Le NFP en rangs serrés !
Entre surprise et défiance, la gauche face à la nomination de Michel Barnier.

Nomination de Barnier
Entre surprise et défiance, la gauche face à la nomination de Michel Barnier.
Après 51 jours de gouvernement démissionnaire, le plus long de toute l’histoire de la Ve République et des négociations interminables, Macron se résout enfin à nommer le premier ministre en la personne de Michel Barnier, un vieux républicain, ancien Commissaire européen et ministre sarkozyste. La gauche française unie arrivée en tête des élections législatives au sein du Nouveau Front populaire, n’a pas tardé à réagir.
Les réactions
Marine Tondelier de EELV a qualifié l’action du Président « d’affront républicain » sur TF1 le vendredi 6 septembre. Raphaël Glucksmann de Place Publique, plus tiède, a parlé d’un « immense gâchis ». Olivier Faure, le secrétaire général du PS a réagi en évoquant une « crise de régime » tandis que Jean-Luc Mélenchon de LFI parle lui littéralement « d’élections volées ». Les syndicats scandalisés ont joint leurs voix, la CGT dénonçant « le mépris du vote des électeurs ». Malgré quelques regrets de la candidature de Bernard Cazeneuve provenant de l’aile droite socialiste comme la maire de Paris, Anne Hidalgo ou encore le maire de Rouen Nicolas Meyer-Rossignol, tous les partis du Front Populaire se sont déjà accordés pour censurer le nouveau gouvernement dès sa mise en place. Le plus inquiétant reste toutefois la réaction du RN qui a annoncé ne pas censurer d’emblée le futur gouvernement, ce qui place les nationalistes dans une position de faiseurs de rois. Ce qui n’a pas échappé aux dirigeants des partis de la gauche unie. « Emmanuel Macron s’est mis sous la tutelle de Le Pen » a dit Olivier Faure.
Le combat continu
Du côté de Fabien Roussel, secrétaire général du Parti communiste français, peu de temps avant la nomination de Michel Barnier, il avait expliqué ne pas vouloir censurer systématiquement un gouvernement issu d’un autre bloc que celui du NFP sans avoir eu des discussions au préalable. Or la nomination de Michel Barnier change complètement la donne.
« Michel Barnier représente le groupe à l’Assemblée nationale qui a, à peine, cinquante députés. C’est l’union des droites avec le regard bienveillant du RN, dont il ne pourra gouverner qu’avec la connivence, la complicité de l’extrême droite. C’est un virage à droite entièrement assumé par le camp présidentiel et Emmanuel Macron, une colocation pour poursuivre la même politique. Michel Barnier a une carrière politique de 50 ans et nous savons ce qu’il a fait, il n’a jamais rien fait de social ni pour les ouvriers ni pour les services publics. Au contraire, il a défendu une Europe libérale qui a désindustrialisé la France et appauvri nos services publics. » Avant de conclure : « nous devons nous battre comme nous l’avons toujours fait ! »
Pour Lucie Castets, la nomination de Michel Barnier signifie « la poursuite de la politique de Macron, voire pire. Michel Barnier représente des idées réactionnaires. » Lucie Castets, qui quitte ses fonctions à la mairie de Paris pour continuer à porter l’élan du NFP, se dit inquiète et prête à mener les combats qui attendent le NFP dans les prochaines semaines.
Vous l’avez compris, la nomination de Michel Barnier en tant que Premier ministre ne fait pas consensus parmi les différentes forces de gauche qui composent le NFP. Des discussions entre le Premier ministre et les différents partis politiques sont d’ores et déjà prévues !
Stan