
Le Midi rouge, n° 36

Histoire. Avec la figure de Galdric Verdaguer en couverture et son histoire contée par Jérôme Quaretti, le Midi Rouge honore La Commune.
Le Midi Rouge continue d’explorer l’histoire de la région. Avec des variantes intéressantes. Rose Blin-Mioch explore l’aventure des Félibres de la Lauseta, républicains et fédéralistes occitans. Un Félibrige créé en 1852 à Fonségugnes par sept amis parmi lesquels Frédéric Mistral, Joseph Roumanille et Théodore Aubanel. Une histoire complexe qui débute avec des écrits très critiques contre les « oppresseurs, les massacreurs, les destructeurs du peuple ». Ils ont pour auteurs Louis Xavier de Ricard, Félix Gras, Napoléon Peyrat… La suite du félibrige s’inscrit dans la défense de la langue occitane, différemment assumée par la suite et jusqu’à nos jours. Plus insolite, peut-être, un texte de Richard Vassakos « Ce que graffiter veut dire : réflexions sur une histoire politique et sociale des graffitis à travers les traces méridionales (Languedoc méditerranéen et Roussillon) ». Volonté d’appropriation territoriale, discours des murs que les autorités s’acharnent à détruire, mais qui réapparaissent très vite, tracés en des lieux divers, de la prison à la rue, les graffitis ont souvent un caractère politique. La faucille et le marteau y sont apparus de nombreuses fois ; d’autres slogans multiples et changeant au fil des événements marquent le temps de l’occupation. La presse les cite. En les réprimant, la justice les met en valeur. Ce texte procure aux indisciplinés que nous sommes un grand bonheur de lecture.
Manières diverses d’aborder et de vivre la politique
Dans un volet plus habituel mais toujours plein d’intérêt, Hélène Chaubin consacre un texte à Des pionniers de la laïcité : les Jeunesses laïques et républicaines de l’Hérault. Nées après la première guerre mondiale elles poursuivent leur action dans les années 30 dans les Mouvements de jeunesse du Midi Rouge. L’auteur situe ainsi les JLR dans le champ politique héraultais et inventorie leurs activités en les illustrant de photos très parlantes. Henri Moizet nous parle de Paul Braig, (1906-1972) artiste peintre, juif allemand francophile opposé au nazisme, résistant allemand en Aveyron. En lecture choisie, Fabrice Sugier donne place au livre de Raymond Huard Naissance du communisme gardois (éd. du PCF, 2020).
Suivent les biographies de Galdric Verdaguer par Jérôme Quaretti et de Etienne Frénay, professeur d’histoire et géographie à Perpignan, militant aux Jeunesses socialistes puis militant du PCF (1948-1988), neveu d’Henri Frénay, résistant, fondateur de Combat. De quoi alimenter de bonnes lectures.