Le grand ruissellement

Le grand ruissellement

L’argent public ruisselle abondamment dans l’escarcelle des écoles privées pendant que l’école publique est au régime sec.

L’argent public ruisselle abondamment dans l’escarcelle des écoles privées pendant que l’école publique est au régime sec.

Comme tous les établissements privés sous contrat, Stanislas voit l’État prendre en charge la totalité de la rémunération du personnel enseignant, soit 73% du financement de ces établissements. À cela s’ajoute un forfait par élève pour les salaires des autres personnels : entre 446 et 487 euros, soit plus d’un million et demi environ. Il faut y ajouter encore le « forfait d’externat » versé par les collectivités territoriales : 1,3 million d’euros pour la Région et idem pour la ville de Paris (suspendu pour le moment). N’en jetez plus ! La cour est pleine. Que nenni, depuis l’arrivée de Valérie Pécresse à la tête de la Région, le privé sous contrat bénéficie d’un financement supplémentaire, 487 000 euros pour Stanislas censés financer 50% des investissements de rénovation. Soit des subventions à l’amélioration du patrimoine privé. Stanislas bénéficie d’un statut de société anonyme, qui lui aurait permis en 2022 de dégager un excédent brut d’exploitation de 3 millions d’euros. Avec de l’argent public…

Un séparatisme social et scolaire

Les sénateurs communistes Ian Brossat et Pierre Ouzoulias ont demandé à la ministre « de mettre fin au conventionnement dont bénéficie Stanislas ». Il n’y a pas deux poids deux mesures, explique ce dernier, « ce qui a été fait pour Averroès (lycée confessionnel musulman de Lille) dont le Préfet de Région a résilié en décembre 2023 le contrat avec l’État pour des problèmes de financement, de gouvernance et de contenu des cours doit être fait pour Stanislas ». Auteur d’une proposition de loi, l’élu des Hauts-de-Seine juge que  « plus personne ne comprend pourquoi on donne autant à des structures privées qui n’en ont manifestement pas besoin ». Et qui, fortes du soutien du puissant réseau de leurs anciens élèves, organisent impunément un séparatisme social et scolaire que les mensonges d’Amélie Oudéa-Castéra ont bien involontairement mis en pleine lumière.

Jacques Pumaréda

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