
Le grand défi des communistes

Élection présidentielle. Freddy Martin, secrétaire départemental du PCF 66, présent au rassemblement de Paris le 21 novembre avec Fabien Roussel pour une France sociale et du plein emploi, répond à nos questions.
Comment s’est passé le rassemblement de Paris ?
Malgré la pluie et le froid, la place bien nommée Bataille de Stalingrad a fait le plein. De nombreuses fédérations du PCF, venues des quatre coins de France, se sont déplacées. Le vin chaud a eu un incontestable succès ainsi que les traditionnelles merguez et l’incontournable bière du nord. Les organisateurs ont laissé la parole à des syndicalistes, notamment de l’énergie, de l’industrie automobile et aussi à une caissière de Carrefour. On était certes loin des 75 000 personnes qui s’étaient rassemblées la veille pour le mémorable match de rugby mais le pari était réussi. Ce rassemblement du courage a permis de faire le point des engagements et, surtout, de l’effort qui reste à faire pour que la candidature communiste atteigne son but, redonner un contenu clair aux valeurs de gauche. Nous devons divulguer notre programme, base de travail qui n’a de sens que s’il est discuté par les citoyens à partir de leurs préoccupations concrètes leur permettant ainsi de prendre toute leur part à l’élaboration d’une politique de gauche.
Les sondages mettent toute la gauche sous la barre des 10% avec un candidat communiste qui stagne à 2%. Qu’en pensez-vous ?
Les sondages sont organisés sous la houlette d’instituts dirigés par des proches d’Emmanuel Macron pour l’essentiel. Tout est fait pour marginaliser le PCF en incitant au découragement dans une ambiance de crise de la gauche qui perdure depuis la gouvernance Hollande. La stratégie élyséenne consistant à faire monter Zemmour à l’extrême droite pour mieux la diviser en apparaissant son seul rempart est un jeu très risqué mais suffisamment habile pour créer une situation qui ressemble à celle de 2017. Dans la foulée, ses manœuvres de division multiformes ne masquent pas l’énorme malaise social que sa politique provoque.
Dans ce contexte inquiétant, où est l’espoir ?
Il faut déjà mener la campagne présidentielle. C’est simple, parce que notre programme est clair et que les enjeux sont définis. En faire l’économie serait un handicap supplémentaire à nos difficultés d’autant que les élections législatives se dérouleront dans un contexte totalement différent de 2017. L’effet d’aubaine d’une Assemblée nationale était une sorte d’automatisation à servir la soupe à l’exécutif. Il peut être remis en cause si toutes les forces de gauche, PS, EELV et LFI, le PRG et d’autres savent prendre au sérieux notre offre de mise en commun de nos forces pour dégager une majorité de gauche dans les quatre circonscriptions. Les communistes en proposent une pour le PCF là où ils ont les meilleures chances de faire gagner la gauche. Nous sommes les premiers à avoir proposé une solution qui peut changer la donne dans les P.-O. Nous avons, lors des dernières élections territoriales, constaté un recul du RN et de la droite au profit de la gauche, à un niveau exceptionnel malgré l’abstention lourde avec, ne l’oublions pas, une avancée des positions du PCF sur le terrain municipal. Nous devons donc nous appuyer sur ces acquis pour envisager le meilleur pour nos concitoyens.
Qu’on se le dise, les communistes, Fabien Roussel en tête, ont tout intérêt à ce que la gauche reprenne des couleurs en construisant une alternative crédible qui ne déçoive plus. Il y va de son avenir.