
Le Fourat contesté

La base de la fosse est très proche du niveau de la nappe d’eau, et elle se trouve même au-dessous du niveau
lorsque la nappe est à son sommet.
Environnement. Depuis maintenant une vingtaine d’années, les déchets issus du désamiantage sont stockés dans un trou : « El Fourat », près du village de Saint Hippolyte. Une association met en cause la sécurité, pour l’air, et pour l’eau de la première nappe.
Le trou, situé tout près de la voie rapide, interpelle l’association « Saint Hippolyte-Claira environnement ». Depuis plusieurs années, de multiples démarches ont été engagées auprès de la Préfecture des P.-O. pour qu’une étude sérieuse soit lancée sur les possibles conséquences sanitaires liées à ce stockage.
Des constats alarmants
Le responsable associatif explique les raisons de l’inquiétude et de la mobilisation à venir. Nul ne le conteste, l’amiante est un produit dangereux. Beaucoup de ceux qui y ont été exposés intensivement sont morts (production, désamiantage, travaux de rénovation…). Les particules sont volatiles et se dispersent dans l’air et dans l’eau. Ensuite, l’enfouissement réalisé à Saint Hippolyte ne présente pas toutes les garanties d’étanchéité. La base de la fosse est très proche du niveau de la nappe d’eau, et elle se trouve même au-dessous du niveau lorsque la nappe est à son sommet. Enfin, l’amiante est conditionnée dans des sacs qui, peu à peu, se dégradent au milieu de la terre rapportée et de l’eau lorsque la nappe est haute. Des photos prises par l’inspecteur des sites lui-même mandaté par l’État le prouvent.
La préfecture devant ses responsabilités
L’entreprise « El Fourat Environnement » demande aujourd’hui à la préfecture et aux services de l’État, pour les 20 années à venir, de multiplier par 4 la capacité de la décharge, avec une partie (5m), laissée à l’air libre. « Nous sommes contre ! » répète le militant de l’environnement. « On ne veut effrayer personne, mais les études montrent qu’il y a danger potentiel. D’après nos informations, il s’agirait de 44 000 tonnes d’amiante supplémentaires et de 7 millions d’euros en 7 ans pour l’entreprise ». Le projet va être soumis dans un délai proche à enquête publique. « Notre but, c’est d’informer les citoyens, les élus, dont certains nous ont déjà fait part de leur soutien (Conseil régional, Agnès Langevine, Hermeline Malherbe…) et nous proposons trois choses : Une période intermédiaire de 2 ans pour ne pas bloquer l’activité de stockage, avec des protections supplémentaires ; mettre à profit ces deux ans pour initier une solution alternative, et, le placement de panneaux solaires sur la déchetterie ».
La manifestation aura lieu samedi 29 à partir de 10h30.