Le combat continue

Assemblée nationale. Les députés de gauche se battent pied à pied pour repousser le projet de loi sur les retraites qu’Emmanuel Macron veut imposer contre la volonté des Français.

Lors de l’ouverture de l’examen du projet de loi à l’Assemblée nationale, lundi 17 février, plus d’un millier de manifestants s’étaient réunis près du Palais-Bourbon pour réclamer son retrait pur et simple. « De toute façon, même les députés ne savent pas ce qu’ils vont voter, tout est décidé en haut.Cela fait quinze ans que je participe à des négociations avec le gouvernement. Avant, on n’avait pas toujours gain de cause mais, au moins, on était écouté. Maintenant, on est face à un mur, ils ne font même plus l’effort de nous écouter », regrette un délégué syndical à l’Opéra de Paris. Les manifestants attendaient des députés de l’opposition qu’ils fassent entendre leurs voix.

La bataille parlementaire, qui a débuté, n’a donc rien de symbolique. Avec les moyens dont ils disposent, les députés communistes, insoumis et socialistes ont lancé le combat, déterminés à actionner tous les leviers législatifs possibles et imaginables, avec un double but à l’esprit : ne jamais perdre de vue les questions de fond de cette réforme des retraites et faire entrer la volonté populaire au Palais-Bourbon. « Nous voulons obtenir et gagner le retrait du projet de loi », a martelé le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, qui, fort du sondage de l’Ifop, estime qu’un référendum permettrait de « sortir de la crise ». Le texte est « pire que prévu, pire qu’annoncé », alerte-t-il. « Âge de départ en retraite à 65 ans », dépenses ramenées à « 12,9% du PIB et non plus 14% », « montant du point indexé à un indicateur qui n’existe pas » … la liste est longue des supercheries du gouvernement qui se traduiront par une baisse généralisée des retraites et l’obligation de travailler toujours plus longtemps.

Les godillots ont peur du jugement du peuple

Pierre Dharréville, élu de PCF, a d’abord défendu une motion de rejet préalable, déployant un réquisitoire implacable contre cette réforme. Il a listé l’ensemble des injures qui constituent la démarche de l’exécutif. Celle faite à des «organisations syndicales dessaisies » ; aux parlementaires avec un texte composé de 29ordonnances ; au Conseil d’État, qui a rendu un avis cinglant devant une étude d’impact « insincère » et « lacunaire » ; mais aussi à tous les Français. « On ne saurait voir bafouées autant d’institutions et de règles démocratiques. On ne saurait enfin décider contre le peuple au nom duquel nous sommes rassemblés », a-t-il conclu. La motion a finalement été repoussée.

En tentant d’imposer en force un projet que plus personne ne souhaite vraiment et en menaçant les équilibres de la société en déchirant notre modèle social, l’exécutif continue de braquer le pays tout entier et aggrave la défiance à l’encontre d’une démocratie … représentative du seul pouvoir ! Raison pour laquelle les députés de gauche ont déposé une motion référendaire. « Peut-on imaginer qu’une telle réforme, aussi importante, se fasse sans le peuple, ou malgré le peuple, voire, plus grave encore, contre le peuple ? » a interrogé Fabien Roussel. Sans surprise les députés macroniens ont, comme un seul homme, refusé de donner la parole au peuple. Ces godillots ne veulent pas d’une vraie délibération collective. Ils en ont peur. … Comme le remarquait un manifestant aux portes du Palais Bourbon « Il paraît que Macron est scandalisé quand on dit qu’on est en dictature. Qu’il nous prouve le contraire ! » Visiblement, ce ne sera pas encore le cas!

Mais, à la Chambre comme dans les entreprises et dans la rue, la bataille n’est pas terminée…

TAGS