
Le chaos est déjà là
Nicolas Sansu, député du Cher (GDR) donne les raisons de son vote pour censurer le gouvernement de Michel Barnier. ...

Assemblée
Nicolas Sansu, député du Cher (GDR) donne les raisons de son vote pour censurer le gouvernement de Michel Barnier.
Lors de la séance de l’Assemblée nationale qui a vu le gouvernement tomber sous la censure, Nicolas Sansu, député du Cher, a fait une intervention particulièrement éclairante sur les tenants et aboutissants de ce moment politique particulier. Une réponse aux arguments des macronistes assimilant censure et chaos, annonçant le pire pour le pays.
Pour le député, « le chaos est déjà là », et de citer cet ouvrier de sa circonscription licencié injustement, cette caissière de supermarché qui ne peut boucler les fins de mois, les 2 389 licenciés d’Auchan alors que Mulliez engrange, grâce à Décathlon, un milliard d’euros de dividendes… S’adressant au gouvernement, Nicolas Sansu cite « les retraités dans le dénuement, les chômeurs que vous voulez pénaliser davantage, les 330 000 sans abri, les citoyens d’Outre-Mer massacrés par la cherté de la vie… allez leur dire que leur vie serait plus douce si vous êtes maintenus au gouvernement ! »
Le député poursuit en énumérant les multiples choix politiques calamiteux : le refus d’entendre le peuple et les organisations syndicales qui se sont levés contre l’ignoble report de l’âge de départ à la retraite, les brancards des urgences, les classes qui ferment. Ce sont aussi « nos compatriotes d’Outre-Mer victimes du manque d’infrastructures et de services publics, de l’empoisonnement au chlordécone, d’un pouvoir qui les humilie. »
Constats identiques concernant la politique extérieure de Macron, « un pouvoir qui lâche les peuples en lutte pour leur indépendance, les Palestiniens, les Sahraouis. » Nicolas Sansu fustige l’inaction sur Gaza, l’Ukraine, le Liban, « le silence sur les cris des victimes » et, de façon globale, « l’allégeance à une politique qui a favorisé une poignée de privilégiés. »
Il trouve des mots très forts, accusant le président de la République d’être « l’ingénieur de ce chaos » en jouant avec le résultat des urnes.
Les propositions du Nouveau Front populaire peuvent donner l’espoir de sortir du marasme, mais, s’insurge l’élu, « dès qu’une alternative progressiste est susceptible de prendre corps… que l’on gratte une petite couche des héritages dorés ou que l’on cisèle une exonération fiscale inefficace, les cris d’orfraie des libéraux nous cassent les oreilles. »
Et sa conclusion : « la censure, ce n’est pas l’apocalypse, c’est ouvrir des portes. »
N. G.