Le chantage de la Turquie

Le chantage de la Turquie

Le sultan d’Ankara et le maître du Kremlin s’affrontent en Syrie.

Idleb. La Russie et la Turquie au bord de la confrontation directe.

La Turquie, qui occupe le nord de la Syrie, se trouve dans une situation délicate. Accusé de soutenir les groupes terroristes résiduels issus de Daesh et d’Al Quaïda, Erdogan se trouve isolé face à la Russie qui entend jouer les premiers rôles dans la région. Les occidentaux, après s’être servis des Kurdes dans cette région dans la lutte contre les djihadistes, ont complètement abandonné ceux-ci à la vindicte du maître d’Ankara, et se trouve, de fait, exclus du jeu cynique que se disputent Poutine et Erdogan. Le risque d’une confrontation directe se rapproche et présente un risque majeur pour la paix. Les USA ont réaffirmé l’appartenance de la Turquie à l’OTAN, pour envoyer sans doute un avertissement à Moscou et lui signifier jusqu’où il ne faut pas aller. L’alliance atlantique a appelé les Européens à trouver un terrain d’entente avec Ankara. « Il y a des différences et des désaccords sur la manière de gérer la situation en Syrie. Mais la Turquie est un allié important et elle a joué un rôle important dans la lutte contre l’“État islamique”. Il faut trouver des solutions ensemble », a défendu le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg. 

Les populations locales prise en otage

Encore une fois, les civils demeurent les principales victimes de ce bras de fer géopolitique. Les Kurdes avaient été les premiers à en être victimes. Les combats autour d’Idleb ont condamné des centaines de milliers de ­Syriens à l’exil, sachant que plus de 3,6 millions d’entre eux se trouvent déjà en Turquie, 1,5 million au Liban. Erdogan, lui, profite de ce drame pour faire pression sur l’Europe et obtenir son soutien en Syrie sur le dos des réfugiés en ordonnant l’ouverture des frontières. L’Europe, elle, se retrouve piégée par son accord signé en 2016 avec la Turquie et maintient sa position sécuritaire en violant toutes les conventions internationales et le droit des réfugiés. En attendant, des dizaines de milliers de personnes se retrouvent bloquées à la frontière gréco-turque. Plusieurs sont mortes sans que rien n’évolue.

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