L’art de noyer le poisson

L’art de noyer le poisson

La fin de la redevance TV - ou contribution à l'audiovisuel public - est inscrite dans le projet de loi de finances rectificative 2022.

La fin de la redevance TV – ou contribution à l’audiovisuel public – est inscrite dans le projet de loi de finances rectificative 2022.

Plutôt que d’augmenter le SMIC et les salaires, de baisser la TVA, et de prendre des mesures concrètes pour le pouvoir d’achat des familles, Macron s’en prend encore une fois au financement du service public. Certes, la suppression de la redevance TV est séduisante pour 23 millions de foyers qui vont économiser 138€ (88€ dans les Dom), mais quelle est la visée de cette proposition ? Jusqu’alors, la contribution à l’audiovisuel public, qui rapporte plus de 3 milliards d’euros nets par an, concerne le financement de France Télévisions, Radio France, Arte, France Médias Monde, TV5 Monde et l’Institut national de l’audiovisuel. Ce qui est aujourd’hui en jeu si l’on supprime cette redevance, ce n’est pas seulement le niveau culturel du pays mais la mise en péril des outils publics permettant de contrecarrer les tentations de la marchandisation et de l’instrumentalisation.

Réactions en chaînes

Dans une tribune du journal Le Monde, un collectif de salarié.e.s, autrices et auteurs, entreprises de création, de production et de diffusion d’œuvres cinématographiques et audiovisuelles, alerte à propos des risques de la suppression de la contribution à l’audiovisuel public. Il démontre le rôle essentiel des entreprises de l’audiovisuel public de soutien à l’investigation, à la création et à la diffusion du cinéma, de la fiction, du documentaire, du film d’animation, du spectacle vivant et de la musique. Le 28 juin, une grève a rassemblé plus de la moitié des salariés de l’ensemble de l’audiovisuel public. Les citoyennes, citoyens et les députés ont entre leurs mains le pouvoir de défendre un service public de qualité avec des personnels qualifiés (et libres) face aux concentrations des médias sous la houlette d’oligarques, et notamment face aux chaînes ultra-conservatrices qui font la promotion de récidivistes condamnés pour injures racistes. Il y a besoin d’un service public puissant, libre et démocratique dans le paysage audiovisuel français.

Ray Cathala

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