L’appel des ailleurs

L’appel des ailleurs

Succès de la troisième édition du festival du livre francophone et de voyage qui était accueilli au Clap Ciné le week-end dernier.


Catherine Riegel.

Canet-en-Roussillon

Succès de la troisième édition du festival du livre francophone et de voyage qui était accueilli au Clap Ciné le week-end dernier.

Directeur du Festival du livre francophone de voyage, Robert Triquères se réjouissait du succès public de cette troisième édition. Les projections comme les tables rondes ont été largement suivies, preuve de la fascination qu’exercent ces femmes et ces hommes qui s’aventurent dans les terres lointaines.

De nombreux invités se sont succédé au long des trois journées au Clap Ciné à Canet-en-Roussillon : Patrick Fornos, Jean Kouchner, Annick et Jean-Pierre Dessens, Émilie Talon, Sylvie Samycia… Toutes et tous évoquant leur expérience, leurs livres, leurs films lors des tables rondes animées par Agnès Sajaloli, Hélène Legrais, Michel Bolasell et Fabricio Cardenas.

Nous nous attacherons à la personnalité de Catherine Riegel, invitée d’honneur. Ingénieure en hydraulique, elle a travaillé sur des chantiers aux quatre coins du monde, elle parle six ou sept langues, c’est une grande voyageuse. Entre 2004 et 2005 elle a traversé seule l’Asie, du lac Baïkal au Bengale, tantôt en train, tantôt à dos d’âne, ou de cheval ou de chameau, tantôt en bicyclette indienne. Elle a vécu plusieurs années auprès de nonnes dans l’Himalaya indien, nonnes qu’elle a embarquées avec elle pour un voyage. Lorsqu’elle évoque cette expérience on la sent encore émue, elle a réussi à tisser avec ces femmes un indéfectible lien d’amitié « je me sens incapable de leur dire adieu » dit-elle. Elle est heureuse de « les avoir amenées à voir le monde », pour elle, ces femmes « incarnent les valeurs fondamentales.»

Confronter des mondes

En début d’année, Caroline Riegel a passé deux mois sur un bateau, dans l’Antarctique, sans doute a-t-elle bien d’autres paris en tête, car, ce qui la passionne c’est « confronter des mondes ». Si elle mène cette vie, outre que c’est son choix, c’est aussi parce qu’elle est en bonne santé et n’a pas d’enfant. Une vie et des expériences qu’elle entend partager au travers de récits, de films. De sa rencontre avec les nonnes bouddhistes elle a tiré deux documentaires, Les semeuses de joie et Zanskar les promesses de l’hiver (diffusé sur Arte, deux fois primé au festival d’Autrans), les deux projetés à Canet pendant le festival.

Une autre femme, du passé celle-ci, a été mise en lumière lors du festival, Élisabeth Sauvy dite Titaÿna (1897-1966) née ici, à Villeneuve-de-la-Raho. Journaliste, grand reporter, romancière, pilote, féministe…Elle a parcouru tous les continents, on lui doit plusieurs films documentaires dont Promenade en Chine projeté à Canet. Elle est morte aux USA où elle s’était exilée après la guerre afin d’éviter les poursuites pour ses activités de collaboration.

Nicole Gaspon

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