L’agriculture – Des défis majeurs à relever !

L’agriculture – Des défis majeurs à relever !

Avec des territoires contrastés et une diversité de production importante, l'agriculture de notre département a des caractéristiques spécifiques. Face à de nombreux enjeux, elle doit relever de gros défis.


Avec des territoires contrastés et une diversité de production importante, l’agriculture de notre département a des caractéristiques spécifiques. Face à de nombreux enjeux, elle doit relever de gros défis.

Notre département doit faire face à un accueil annuel d’environ 5 000 habitants supplémentaires, ce qui implique des choix politiques dans le domaine de l’aménagement du territoire. Cette augmentation de la population entraîne un accroissement important de l’urbanisation, en particulier depuis les années 1990, et pose avec force le problème du maintien des zones agricoles. En effet, la surface agricole diminue en moyenne de 243,3 ha par an, tandis que la surface urbanisée augmente en moyenne de 222,6 ha chaque année (données DGFIP).

Une pression foncière importante

Avec 70 200 ha utilisés par les exploitations comme surface agricole, soit 16,9% de la superficie totale du département, les Pyrénées-Orientales, qui est un des plus petits de la région Occitanie, est aussi celui dont le territoire est proportionnellement le moins utilisé pour l’agriculture. Et cela reste vrai, y compris en comptant les surfaces toujours en herbe (STH) collectives et hors exploitations (estives), le total (131 800 ha) couvrant 31,8% du département. 

La surface agricole exploitée se compose pour moitié de prairies et surface en herbe, pour plus d’un quart de vignes et le reste de cultures permanentes (vergers, fourrages, maraîchage et céréales).

Depuis 2010, les surfaces consacrées à l’agriculture hors prairies et culture fourragères ont reculé de 13 %, une des principales causes de cette régression étant à chercher dans le domaine viticole avec des arrachages de vigne permanents : en 2025, 2 500 ha ont été arrachés ! A contrario, les surfaces en arboriculture ont augmenté de 16 % en particulier avec les abricotiers, les oliviers, les amandiers, les figuiers, …

Des territoires contrastés

La plaine du Roussillon, fortement urbanisée, subit une forte pression démographique très consommatrice d’espace et un tourisme envahissant. Cette concurrence foncière, aggravée par les projets d’énergies renouvelables, entraîne un phénomène d’enfrichement.

La zone de piémont est le siège d’une activité d’élevage variée (bovins à viande, ovins, caprins), d’arboriculture et de viticulture en terrasse. Enfin les zones de montagne, outre les activités forestières, sont fortement orientées vers l’élevage bovin extensif (estives).

De moins en moins d’exploitations

En 2020, le département comptait 3 227 exploitations agricoles. Rappelons qu’elles étaient 6 900 en 2000 et même 11 800 en 1988… 

La répartition de ces exploitations suivant la filière est la suivante : 1 670 se consacrent à la viticulture, 599 à l’arboriculture fruitière, 314 au maraichage et à l’horticulture, 350 ont des activités d’élevage, les autres pratiquant une agriculture diversifiée.

Côté revenus, en 2021 dans l’ex-région Languedoc-Roussillon, les viticulteurs et les cultivateurs de légumes, fleurs, plantes gagnaient en moyenne 2 800€ mensuels, les arboriculteurs 2 440€ par mois, et très loin derrière, les éleveurs d’ovins, caprins, équidés avaient en moyenne 680€ de revenus mensuels quand les producteurs de bovins gagnaient mensuellement 1 480€. Il s’agit là des moyennes, certaines grosses exploitations assurant de fort revenus à leurs propriétaires. Mais, globalement, les revenus agricoles sont plus faibles que la moyenne nationale.

En 2023, le nombre de salariés dans les entreprises agricoles affiliées à la MSA était de 14 584 (65,2% étaient des hommes, 34,8% des femmes). Avec le travail saisonnier, le nombre d’emplois au cours de l’année était nettement plus important et atteignait 21 337, et 87,3% de ces emplois étaient des CDD. Près des trois quarts de ces emplois (72%) sont dans l’arboriculture, le maraîchage, 22,7% concernant la viticulture. À noter que ce travail saisonnier, précaire et mal rémunéré, est un des facteurs aggravant la pauvreté dans le département.

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