L’activité commerciale – Un secteur en crise

L’activité commerciale – Un secteur en crise

La loi Climat et résilience donne un sérieux coup de frein au développement du foncier dans les collectivités du territoire. Les nouvelles zones commerciales sont totalement rayées du Schéma de cohérence territoriale Plaine du Roussillon. 

La loi Climat et résilience donne un sérieux coup de frein au développement du foncier dans les collectivités du territoire. Les nouvelles zones commerciales sont totalement rayées du Schéma de cohérence territoriale Plaine du Roussillon. 

Le commerce est une activité de services prépondérante sur le territoire qui ne cesse de se développer. La densité commerciale en m² des grandes et moyennes surfaces (GMS) représente 1 396 m² pour 1 000 habitants en 2021 contre 1 362 m² en 2012 (soit une augmentation de 2% en 9 ans). En 2021, la surface de GMS est d’environ 472 200 m² sur le territoire du Schéma de cohérence territoriale Plaine du Roussillon. L’aire de chalandise des zones commerciales du SCOT rayonne sur l’ensemble du département et parfois au-delà sur le sud du département de l’Aude. 85% des surfaces commerciales du département sont dans la plaine. 

Une activité dynamique, génératrice d’emplois qui consomme de l’espace

La densité commerciale en nombre de commerces est passée de 5,8 commerces pour 1 000 habitants en 2010 à 6,6 en 2020 (INSEE), soit 13% d’augmentation sur cette période. En 2020, le nombre d’établissements commerciaux est estimé à 9 608 (source SIRÈNE/INSEE). Ils représenteraient 21 230 emplois salariés dans le département, soit 30% en plus en 10 ans (+ 2 100 emplois). La CCI estime que les surfaces commerciales autorisées ont progressé de 16,5% dans le département entre 2010 et 2016, cette croissance étant plus élevée que dans le reste de l’ex-région Languedoc-Roussillon. La surface consommée par l’activité commerciale augmente donc plus vite que les emplois qu’elle ne crée, d’autant qu’il est difficile d’affirmer que les emplois « créés » sont pérennes et n’aboutissent pas à la disparition d’autres emplois par ailleurs. Cette augmentation est également découplée de la consommation et de l’évolution du pouvoir d’achat des ménages. 

Un pouvoir d’achat en berne

Ce secteur est marqué par une concurrence forte. Le revenu des ménages diminuant ou au mieux stagnant, une offre trop importante aboutit forcément à fragiliser certaines structures commerciales, d’autant plus qu’aujourd’hui, la logique n’est plus la conquête des parts de marché, mais la concurrence. Les circuits de vente traditionnels se voient ainsi fortement concurrencés, poussant les enseignes à développer une offre omnicanale en réponse aux évolutions des modes de consommation des ménages. En 2011, la CCI avait estimé que l’évasion commerciale atteignait pour le département 9% et représentait 218 millions d’euros. La principale destination de cette évasion était assimilée à internet et aux ventes à distance (40% de l’évasion totale – source CCI), mais se faisant aussi au bénéfice de l’Espagne (27% de l’évasion totale) et des départements limitrophes des Pyrénées-Orientales. Les ventes à distance via internet ne cessent de progresser. Selon le bureau d’études AID, on observe aujourd’hui huit tendances différentes de consommation : le client attend de pouvoir acheter près de chez lui ou de son lieu de travail. Il n’a pas besoin d’un choix important (achats quotidiens et banalisés) mais il veut payer facilement, voire se faire livrer ses achats et surtout y avoir accès partout et tout le temps. Les gagnants : l’alimentaire spécialisé, les supérettes, les drives des GMS, les supermarchés inférieurs à 2 000 m², les commerces et lieux de flux, les marchés de plein air et les halles. Les perdants : les hypermarchés.  Le client attend de pouvoir sélectionner les produits en fonction de leur provenance, de connaitre les conditions de fabrication ou de culture, la composition. Il souhaite aussi que son achat bénéficie au producteur ou au fabricant (quête de sens de l’achat). Le client cherche à consommer malin et convivial, à mutualiser et rationnaliser sa consommation.

Le cas de Perpignan

Perpignan polarise fortement ce développement commercial. Elle concentre près d’un tiers des surfaces de vente autorisées, notamment sur ses franges (aucun projet n’a concerné le centre-ville). La zone de Pollestres regroupe 12% des surfaces de vente autorisées, Espace Roussillon à Rivesaltes 11% et le Mas Guérido à Cabestany 10%. Les données concernant les commerces de proximité et de centres-villes sont relativement peu fournies et ne permettent pas de dresser un état des lieux fiable de leur santé économique. Néanmoins, des signaux d’alarme sont récurrents (fermeture de locaux). Concernant le centre-ville de Perpignan, en 2015, la vacance commerciale est estimée à 13% (source : Procos), certaines rues de l’hypercentre présentant des taux de vacances bien plus élevés. Ce taux se situe bien au-delà des 9%, moyenne nationale. Cette forte vacance commerciale peut s’expliquer par un affaiblissement de la consommation locale, par des loyers élevés causant une baisse de rentabilité et dans le même temps un développement de la concurrence (e-commerce, zone périphérique et offre transfrontalière).

L’activité commerciale reste un secteur en crise dans un département où le pouvoir d’achat des habitants est faible. Des changements sont en cours dans les pratiques des consommateurs, mais la question des prix reste déterminante.

Références : Insee, Scot plaine du Roussillon, CCI, Procos.

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