
L’acharnement judiciaire, ça suffit !

Le Tribunal considère que les prisonniers n’ont pas suffisamment fait « amende honorable ».
Catalogne du Sud. Double confinement pour les prisonniers politiques.
Dominique Noguères, observatrice de la LDH au nom de la FIDH au procès de Madrid, s’est indignée contre la décision du Tribunal Suprême espagnol qui, le 4 décembre dernier, a révoqué pour les prisonniers politiques catalans le troisième grade qui prévoit une semi-liberté alors que légalement ils y avaient droit.
« Le Tribunal considère que les prisonniers n’ont pas suffisamment fait « amende honorable » et risquent de persévérer dans leur démarche politique. Ce troisième grade, de droit après avoir purgé une partie de la peine, avait été avalisé par le juge d’application des peines de la prison. Mais des recours avaient été déposés par le Procureur à Madrid et ils étaient retournés en prison purgeant leur peine dans des conditions rendues encore plus difficiles avec l’épidémie, ne sortant qu’une heure par jour de leur cellule. Les deux femmes Carme Fordadell et Dolors Bassa étaient en liberté dans l’attente de leur recours. Elles dorment actuellement en prison ». Et de conclure « le Tribunal Suprême toujours aux mains de la droite extrême aura coupé l’herbe sous le pied de toute tentative de règlement politique. C’est à la fois triste et choquant. Il serait bien que l’on s’en émeuve. »
L’État de droit que l’on défend pour différentes causes, en France et dans le monde entier, se serait-il arrêté à la frontière espagnole ? Lorsque l’on s’habitue au règlement de crises politiques par les forces policière et judiciaire, les droits de chacun en Europe perdent encore de leur existence.