La venue de la ministre et après ?

La venue de la ministre et après ?

Jeudi 17 octobre, une pluie de journalistes, de personnalités du monde agricole et d’élus s’abattait sur notre département.

Jeudi 17 octobre, une pluie de journalistes, de personnalités du monde agricole et d’élus s’abattait sur notre département. Coup de vent ou coup de sang ? Le lendemain, les embuégues*  étaient déjà sèches. Un goût amer de déception. Un aller-retour furtif ne suffira pas, madame la ministre de l’Agriculture : les réponses ne sont pas à la hauteur de la détresse. Cela fait presque trois ans que le monde agricole des Pyrénées-Orientales a les yeux rivés au ciel, essayant d’accrocher les nuages pour retrouver les paysages d’avant. Il n’y pas que les ciels clairs qui amènent la sécheresse des revenus. Les nuages noirs du libéralisme effréné d’avant les dernières pluies avaient déjà bien mité le territoire agricole. Le Travailleur Catalan, lors d’un numéro spécial sur la viticulture, avait pointé du doigt la responsabilité du modèle économique dans la destruction de nos paysages agricoles. Nous ne savons pas encore comment le gouvernement va imposer son budget. Nous avons quand même la terrible certitude : le robinet vers les solutions collectives va encore se fermer. Alors que les robinets des dividendes, des rentes financières, eux, sont ouverts à fond ! Comment l’exécutif va-t-il nous faire croire qu’il va s’attaquer au réchauffement climatique, alors que son ministre des Transports, premier fabricant de nuages à gaz à effets de serre, annonce, dans une logique d’économie, une absence de pluie d’investissements ? Alors, madame la ministre, ce n’est pas avec quelques tuyaux placés jouant à saute-mouton avec le karst et le Rhône, ou quelques retenues collinaires qui calmeront la profession. Les maigres primes d’arrachage accordées finiront par créer des ilots de cultures intensives.  Au final, cette visite flash éclair, pourquoi ? Vous n’avez dit aucun mot sur le modèle agricole, ni sur les modalités économiques urgentes pour permettre à la profession d’accéder à une pérennité sociale et environnementale, aucun mot sur les besoins alimentaires des populations ni l’équilibre des circuits courts, pas une parole pour reconstruire des liens entre paysans et citoyens.

Bientôt la foudre, dans le ciel des Pyrénées-Orientales ? Ou un débat à la hauteur des enjeux ?   

Patrick Cases

* Mot roussillonnais :  canaux secondaires d’irrigation.

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