La rentrée dans nos écoles, avec masques et sans moyens nouveaux

La rentrée dans nos écoles, avec masques et sans moyens nouveaux

©Pixabay. Alexandra_Koch.
Jean-François Noguès du Snuipp 66 :
 » Malgré les conditions de cette rentrée, élèves et professeurs semblent content d’être là… »

Premier degré. D’un côté, le ministre Blanquer se multiplie dans les médias. De l’autre, les professeurs des écoles sont rentrés, assument, et se « décarcassent » dans cette période étrange de retrouvailles et de difficultés pour relancer la machine. 

Jean-François Noguès, secrétaire du Snuipp 66, s’explique : « Cette rentrée est hors norme. Chacun a pu s’en rendre compte. Le contexte n’est pas facile, à cause du virus et de la longue période de séparation des élèves d’avec l’école. Et nous faisons comme nous pouvons, du mieux qu’on peut. Des consignes administratives succèdent aux consignes, des obligations disparaissent, s’adaptant au réel. Par exemple, se croiser dans les couloirs n’est plus interdit et le brassage est autorisé. Mais, les difficultés demeurent. Nous demandions un temps plus long de prérentrée pour bien se préparer. Nous n’avons eu qu’une seule journée ! Habituellement, nous en avions deux. Les collègues sont donc venus avant, pour faire le travail nécessaire (traçage, commandes, contact avec les élèves « décrochés »…) ».

©M.M.
A droite, Jean-François Noguès dans les locaux du Snuipp 66.

« Malgré tout, il semble que tous, élèves et professeurs, soient contents d’être là, de retrouver des habitudes, des activités, des relations amicales ou professionnelles »

Jean-François Noguès, Snuipp 66

rappelant le travail inédit et inventif pendant la période de confinement qui n’a jamais cessé, épuisant et difficile parfois, ce travail en distanciel de relations humaines et scolaires avec les élèves et leurs familles.  « Il y a aujourd’hui des élèves qui n’ont cessé d’être scolarisés ( enfants d’infirmiers par exemple), ceux qui ont suivi avec constance l’enseignement à distance, appuyés par leurs familles, et les « décrochés ». Nous préférons ce terme à celui de décrocheurs car les enfants ne sont pas responsables ». 

Manques de moyens et de reconnaissance, dans l’action le 17

Au plan départemental, le Conseil technique spécial départemental (CTSD) a ajusté et décidé de 4 fermetures de postes, tous en maternelle et dans des villes de plus de 5 000 habitants, a prononcé 6 ouvertures nouvelles  et en a confirmé 3. « C’est très faible par rapport aux besoins réels. Les effectifs sont calculés sur des moyennes dans les écoles. Au dessus de 26 de moyenne, nous demandions une ouverture. Nous n’avons rien obtenu. Il y aura donc de nombreuses classes, dans le département, à 30 ou 31 élèves. Et ça, c’est insupportable » déclare ainsi le syndicat. A ce mécontentement local s’ajoute le niveau des salaires, toujours en régression, l’un des plus bas dans les pays d’Europe, le fameux jour de carence, les pressions administratives perpétuelles, les demandes de comptes-rendus, les statistiques et dernière demande en date, ministérielle, de faire passer dans les 15 jours, des évaluations nationales standardisées ! Une pétition intersyndicale conteste ces évaluations anachroniques et peu justifiées. Trop, c’est trop, pense le syndicat majoritaire : « Le 17, nous appelons à la lutte, à la grève quand cela est possible, à l’action. Nous serons dans la rue avec l’ensemble des syndicats départementaux ». 

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