
La privatisation de la SNCF sur les rails

Région PACA. La majorité régionale de droite vient de voter la concession de la ligne Marseille-Nice à un autre opérateur que la SNCF.
Pour la première fois en France, la SNCF va perdre la gestion d’une ligne ferroviaire à l’horizon 2025. Depuis son arrivée à la tête de Paca, la droite pousse fort pour casser le monopole du service public des TER. Elle est bien aidée par l’Union européenne dont une directive rendra obligatoire, en 2023, la mise en concurrence de tous les appels d’offres pour le ferroviaire. Le sous-investissement de l’État, les attaques successives contre la SNCF, l’insuffisance de moyens dans la maintenance des installations… ont fini le travail en créant des dysfonctionnements qui ont servi de prétextes à cette privatisation.
Renaud Muselier, président LR de la Région PACA précise que la convention avec Transdev « promet de doubler la fréquence quotidienne » (7 à 14 allers-retours), « d’assurer 97,5% de ponctualité et seulement 0,25% d’annulation ». Le tout « sans augmentation de prix du billet ni du contrat pour la Région ». « Les engagements que l’on a pris vont dans le sens d’un service fiable », se félicite, de son côté, Sylvain Joannon, directeur régional de Transdev.
Les cheminots ripostent
Venus de toute la France, plus de 2 000 cheminots, à l’appel de la CGT et de l’Unsa, ont manifesté à Marseille devant le conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur pour dire, au président de la Région, leur farouche opposition au choix politique de confier une partie de l’activité des TER à un opérateur privé. Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminot, reste ferme. « Les cheminots ont prévu de ne rien lâcher ». « Il est hors de question que le dumping social devienne le carburant de la libéralisation des trains. » Jérémy Bacchi, sénateur PCF s’insurge. « On a fait croire que la libéralisation allait tout régler, mais elle ne règle rien » et cite l’exemple de l’envolée des factures de l’énergie depuis que le secteur a été offert à la concurrence.
L’exemple du fret démontre à lui seul l’impasse que représente la libéralisation du secteur ferroviaire. Entre 2008 et 2014, il a perdu 20 % de trafic et représente désormais moins de 10 % du transport de marchandises en France. Or c’est ce même principe de fragmentation du réseau avec des concessions « à la découpe » de telle ou telle ligne qui sera appliqué au trafic voyageur.
Les leçons de la crise sanitaire sur le service public, la rationalité économique et l’intérêt général exigent de ne pas renouer avec les compagnies ferroviaires concurrentes d’avant 1936.