La Libye sous pression

La Libye sous pression

©Magharebia.
Un pays à feu et à sang, enjeu de puissances étrangères.

Géopolitique. Luttes d’influences sur ce pays sous tutelle internationale.

Après la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, plusieurs pays attisent une guerre qui sent la géostratégie, le pétrole et les flux migratoires. Le pays est déchiré par des violences impliquant milices tribales, djihadistes et mercenaires. Le gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli reconnu par l’ONU est contesté par un pouvoir incarné par le maréchal Khalifa Haftar dans l’Est.

La Turquie et la Russie

La Turquie du président Erdogan veut étendre son influence dans la région. Ankara a fourni une aide militaires au GNA. Ankara et le GNA ont signé en novembre un accord permettant à la Turquie de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale, riches en hydrocarbures et convoitées par d’autres pays. Des mercenaires ayant des liens avec une société privée Wagner proche de Vladimir Poutine, sont engagés dans les combats aux côtés du maréchal Haftar. Moscou aide ces mercenaires. La Turquie et la Russie, qui se sont rapprochées au cours des dernières années, soutiennent des parties opposées en Libye.

Les pays arabes

Les Émirats arabes unis ont soutenu militairement le maréchal Haftar pendant des années. Ils seraient en train de financer l’intervention du groupe Wagner. Le maréchal Haftar serait, selon un rapport de l’ONU, également soutenu par des combattants syriens pro-Damas et des mercenaires venus du Soudan et d’autres pays. L’Égypte, a longtemps soutenu le maréchal Haftar dans l’Est de la Libye pour sécuriser sa frontière. En juin, après la progression des forces du GNA face à celles du maréchal Haftar sur le terrain, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sisi, a proposé un cessez-le-feu. Mais il a averti qu’il pourrait intervenir militairement pour stopper toute avancée vers l’Est des forces du GNA. Accusé par les autres pays arabes d’aider les mouvements islamistes radicaux, le Qatar soutient le GNA. Sur le terrain libyen, il est en concurrence avec les Émirats arabes unis qui appuient le maréchal Haftar, tout comme l’Égypte.

La France et l’Italie

La France reconnaît avoir apporté du renseignement au maréchal Haftar mais réfute tout soutien militaire dans son offensive contre Tripoli. Elle dénonce les ingérences turques en Libye. Ancienne puissance coloniale jalouse de son influence et de ses intérêts économiques notamment pétroliers, l’Italie soutient le GNA en Libye, un soutien qui a également pour priorité l’assèchement des flux de migrants.

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