LA GRÈVE QUI EN DIT LONG

LA GRÈVE QUI EN DIT LONG

La puissante mobilisation des salariés de l’Éducation nationale a rassemblé sur le pavé les larges colères et les propositions des personnels. Bien au-delà des seuls ratés protocolaires d’adaptation au Covid dans les écoles.

La puissante mobilisation des salariés de l’Éducation nationale a rassemblé sur le pavé les larges colères et les propositions des personnels. Bien au-delà des seuls ratés protocolaires d’adaptation au Covid dans les écoles. 

Il est incontestable que les injonctions contradictoires du ministre Blanquer, que les protocoles inapplicables et que la fatigue générale des enseignants devant faire face sont pour quelque chose dans cette immense mobilisation : 75 % de grévistes dans le primaire, 62 % dans le second degré. Chacun, dans les défilés, y allait de son expérience, de son ras-le-bol, de son exaspération. Et de décrire les vérifications quotidiennes obligatoires, les contrôles quotidiens, les relations avec les familles, pour le coup patientes et bienveillantes. Le ministre était à Ibiza, en vacances lorsque par voie de presse, dans le « Parisien » le dimanche, il informait du nouveau protocole à appliquer dès le lundi matin. L’expression du mépris ministériel et gouvernemental. La goutte qui a fait déborder le vase, déjà bien plein, avec ou sans virus. 

Une autre école à l’ordre du jour

 Le mot « mépris » était sur toutes les lèvres et les pancartes. « Mon école craque », « j’atteste sur l’honneur être mal payée et méprisée par mon ministre », « mon métier, gestionnaire de misère », « halte au mépris » ou encore « mon école craque », autant de mots d’ordre aperçus dans les défilés. Mais, comme le soulignent les syndicats CGT et FSU, il y avait bien plus. « Depuis de nombreuses années, les personnels subissent les politiques d’austérité qui suppriment des postes, qui génèrent des manques flagrants de personnels dans tous les domaines (remplaçants notamment), surchargent les classes, attaquent la liberté pédagogique et vident de sens leurs métiers, amplifient le tri social des élèves et accentuent le décrochage salarial en gelant la valeur du point d’indice … C’est contre tout cela que les personnels se sont mobilisés » précise ainsi la CGT au sortir de la rencontre avec le ministre Blanquer et le Premier ministre. Les autres syndicats ne disaient pas autre chose, dont le Snuipp FSU, syndicat majoritaire du primaire : « Le mouvement exceptionnel de jeudi parmi les personnels de l’école et le discrédit grandissant et quasi unanime de Jean-Michel Blanquer ont obligé le gouvernement à recevoir l’intersyndicale et à mettre ainsi le ministre sous “tutelle”, le Premier ministre reprenant la main de cette négociation ». Effectifs, recrutements, salaires, médecine scolaire, directions d’école, contenus, « parcours sup » ont été au centre de la réunion. Ils restent au centre des revendications. De nouveaux appels à la grève sont d’ores et déjà lancés. 

Michel Marc

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